{"id":1416,"date":"2026-06-11T07:38:54","date_gmt":"2026-06-11T05:38:54","guid":{"rendered":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/?page_id=1416"},"modified":"2026-06-11T17:35:17","modified_gmt":"2026-06-11T15:35:17","slug":"la-phrase-etrange-et-universelle-qui-desamorce-nimporte-quelle-situation-tendue-au-travail","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/la-phrase-etrange-et-universelle-qui-desamorce-nimporte-quelle-situation-tendue-au-travail\/","title":{"rendered":"La phrase \u00e9trange et universelle qui d\u00e9samorce n&rsquo;importe quelle situation tendue au travail"},"content":{"rendered":"<p>Samedi matin, un de ces samedis o\u00f9 le supermarch\u00e9 ressemble \u00e0 une fourmili\u00e8re. Je fais la queue, mon caddie \u00e0 moiti\u00e9 rempli, et devant moi une dame s&rsquo;agace. La promotion affich\u00e9e sur les paquets de caf\u00e9 passe en caisse \u00e0 un prix plus \u00e9lev\u00e9 que pr\u00e9vu. Deux euros d&rsquo;\u00e9cart. Sur le moment \u00e7a para\u00eet d\u00e9risoire, mais la dame, elle, monte d&rsquo;un cran \u00e0 chaque seconde.<\/p>\n<p>Elle hausse le ton. Elle prend la file \u00e0 t\u00e9moin. Et elle r\u00e9p\u00e8te trois fois la m\u00eame phrase de plus en plus fort, comme si le volume allait changer le prix affich\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran.<\/p>\n<p>La caissi\u00e8re, une jeune femme pos\u00e9e, encaisse tout \u00e7a en pleine figure.<\/p>\n<p>Je la regarde, parce que ce genre de moment me fascine toujours. Je vois la chaleur lui monter au visage. Je vois sa main se crisper une seconde sur le scanner. Tout son corps part en stress, et beaucoup de gens \u00e0 sa place auraient r\u00e9pondu sur le m\u00eame ton, ou se seraient recroquevill\u00e9s en bafouillant des excuses.<\/p>\n<p>Elle, elle fait autre chose.<\/p>\n<p>Elle baisse les yeux une seconde, prend une inspiration tranquille, et ses l\u00e8vres bougent \u00e0 peine. On dirait qu&rsquo;elle se parle \u00e0 elle-m\u00eame, tout bas, comme une petite pri\u00e8re. Trois ou quatre secondes, pas plus.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, quelque chose change. Son visage se d\u00e9tend. Sa voix redescend d&rsquo;un ton. Elle appelle calmement une coll\u00e8gue pour v\u00e9rifier le prix, sourit \u00e0 la cliente, et r\u00e8gle l&rsquo;affaire en moins d&rsquo;une minute. La dame repart presque g\u00ean\u00e9e de s&rsquo;\u00eatre emport\u00e9e pour si peu.<\/p>\n<p>Moi, je suis rest\u00e9 plant\u00e9 l\u00e0, mon paquet de p\u00e2tes \u00e0 la main, \u00e0 me demander ce que cette caissi\u00e8re avait bien pu se dire dans sa t\u00eate.<\/p>\n<p>Je l&rsquo;ai su plus tard. Et c&rsquo;est exactement le sujet de cet article.<\/p>\n<h2>Vous avez forc\u00e9ment d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu \u00e7a<\/h2>\n<p>Cette sc\u00e8ne, vous l&rsquo;avez s\u00fbrement d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cue, d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 ou de l&rsquo;autre du comptoir.<\/p>\n<p>Une remarque s\u00e8che, un client qui s&rsquo;\u00e9nerve, une coll\u00e8gue qui vous reprend devant tout le monde, et votre journ\u00e9e bascule d&rsquo;un coup. Le c\u0153ur qui s&#8217;emballe, la repartie qui reste coinc\u00e9e dans la gorge, et cette rumination qui vous suit jusque dans votre lit le soir.<\/p>\n<p>Pourquoi certaines personnes encaissent \u00e7a et retrouvent leur calme en quelques secondes, pendant que d&rsquo;autres ruminent pendant trois jours ?<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence tient souvent \u00e0 un petit outil mental. Quelque chose de simple, de gratuit et d&rsquo;invisible, que vous pouvez utiliser \u00e0 la caisse, au chevet d&rsquo;un patient, en salle et au t\u00e9l\u00e9phone, l&rsquo;air de rien, pendant que la situation se calme toute seule.<\/p>\n<p>Cet outil porte un dr\u00f4le de nom qui vient d&rsquo;Hawa\u00ef : le Ho&rsquo;oponopono.<\/p>\n<p>Restez avec moi, parce que derri\u00e8re ce mot un peu barbare se cache l&rsquo;une des techniques les plus douces et les plus efficaces que je connaisse pour retrouver son calme et apaiser tout son entourage.<\/p>\n<h2>Ho&rsquo;oponopono, c&rsquo;est quoi ce truc ?<\/h2>\n<p>\u00c0 l&rsquo;origine, c&rsquo;est un tr\u00e8s vieux rituel hawa\u00efen. Quand une dispute \u00e9clatait dans une famille ou dans un village, les anciens r\u00e9unissaient tout le monde pour remettre les choses droites, vider les ranc\u0153urs et faire revenir la paix. Le mot lui-m\u00eame veut dire \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e7a : remettre les choses \u00e0 leur juste place, corriger ce qui penche.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1970, une gu\u00e9risseuse hawa\u00efenne du nom de Morrnah Simeona a transform\u00e9 ce rituel collectif en une pratique que chacun peut faire seul, dans sa t\u00eate, \u00e0 tout moment de la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Puis un m\u00e9decin, le Dr Hew Len, l&rsquo;a simplifi\u00e9e encore, jusqu&rsquo;\u00e0 la r\u00e9duire \u00e0 sa forme la plus d\u00e9pouill\u00e9e.<\/p>\n<p>On raconte d&rsquo;ailleurs \u00e0 son sujet une histoire qui a fait le tour du monde. Ce m\u00e9decin aurait travaill\u00e9 dans un h\u00f4pital psychiatrique d&rsquo;Hawa\u00ef, dans un service r\u00e9serv\u00e9 aux patients les plus difficiles.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de recevoir les malades un par un, il prenait leur dossier, et il r\u00e9p\u00e9tait pour lui-m\u00eame ces fameux quatre mots, encore et encore. Petit \u00e0 petit, para\u00eet-il, l&rsquo;ambiance du service s&rsquo;est apais\u00e9e et l&rsquo;\u00e9tat de certains patients s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9.<\/p>\n<p>Vraie, embellie ou un peu des deux, cette histoire raconte bien l&rsquo;esprit de la m\u00e9thode : tout part de l&rsquo;int\u00e9rieur de celui qui pratique.<\/p>\n<p>Et c&rsquo;est cette forme simple qui vous int\u00e9resse aujourd&rsquo;hui, parce qu&rsquo;elle tient en quatre mots.<\/p>\n<h2>Quatre mots, et c&rsquo;est tout<\/h2>\n<p>Les voici : <strong>d\u00e9sol\u00e9, pardon, merci, je t&rsquo;aime.<\/strong><\/p>\n<p>C&rsquo;est tout.<\/p>\n<p>Vous vous les r\u00e9p\u00e9tez \u00e0 vous-m\u00eame, en silence, dans votre t\u00eate, comme une petite ritournelle. Vous le gardez pour vous, comme un secret.<\/p>\n<p>Vous pouvez le faire en scannant des articles, en tenant la main d&rsquo;un r\u00e9sident et en attendant qu&rsquo;un client agac\u00e9 finisse sa phrase au t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n<p>Chaque mot a sa petite couleur :<\/p>\n<p><strong>D\u00e9sol\u00e9<\/strong>, c&rsquo;est reconna\u00eetre que quelque chose en vous est venu se nouer, une tension, une vieille peur et parfois un simple agacement.<\/p>\n<p><strong>Pardon<\/strong>, c&rsquo;est vous demander pardon \u00e0 vous-m\u00eame de porter ce poids, et accepter de le d\u00e9poser.<\/p>\n<p><strong>Merci<\/strong>, c&rsquo;est remercier pour ce qui est en train de se d\u00e9nouer, m\u00eame si vous voyez encore mal comment.<\/p>\n<p><strong>Je t&rsquo;aime<\/strong>, c&rsquo;est remettre un peu de douceur l\u00e0 o\u00f9 il y avait de la crispation.<\/p>\n<p>L&rsquo;ordre a peu d&rsquo;importance, et vous croiserez parfois ces mots rang\u00e9s autrement. L&rsquo;essentiel, c&rsquo;est de les r\u00e9p\u00e9ter doucement, sans forcer.<\/p>\n<h2>D&rsquo;abord, \u00e7a vous calme, vous<\/h2>\n<p>Maintenant, voyons pourquoi \u00e7a marche. Et commen\u00e7ons par le plus important : vous.<\/p>\n<p>Quand une remarque vous touche, votre corps r\u00e9agit avant m\u00eame que vous ayez eu le temps de r\u00e9fl\u00e9chir. Le c\u0153ur acc\u00e9l\u00e8re, la m\u00e2choire se serre, et une bouff\u00e9e de chaleur vous monte au visage. C&rsquo;est automatique, et c&rsquo;est bien plus rapide que votre pens\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment pr\u00e9cis, r\u00e9p\u00e9ter les quatre mots fait deux choses \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, \u00e7a occupe votre esprit. Au lieu de tourner en boucle sur la phrase blessante ou sur la repartie cinglante que vous cherchez, votre t\u00eate a quelque chose de doux \u00e0 faire. La spirale se casse.<\/p>\n<p>Ensuite, \u00e7a vous offre un point d&rsquo;appui, un peu comme une respiration qu&rsquo;on pose au bon moment. Le temps de dire d\u00e9sol\u00e9, pardon, merci, je t&rsquo;aime, la premi\u00e8re vague de stress est d\u00e9j\u00e0 en train de redescendre.<\/p>\n<p>Prenons une assistante commerciale. Elle re\u00e7oit un mail sec d&rsquo;un commercial press\u00e9, du genre \u00ab\u00a0C&rsquo;est encore en retard, vous pouvez vous bouger ?\u00a0\u00bb. Le sang lui monte \u00e0 la t\u00eate. Ses doigts sont d\u00e9j\u00e0 sur le clavier, pr\u00eats \u00e0 taper une r\u00e9ponse qu&rsquo;elle regretterait \u00e0 coup s\u00fbr.<\/p>\n<p>Au lieu de \u00e7a, elle prend trente secondes. Elle se r\u00e9p\u00e8te les quatre mots, tranquillement, le temps que la t\u00eate se remette en place. Et quand elle r\u00e9pond enfin, c&rsquo;est pos\u00e9, professionnel et sans une once d&rsquo;agressivit\u00e9. Elle a gard\u00e9 la main sur la situation, et sur elle-m\u00eame.<\/p>\n<h2>Et \u00e7a calme les gens autour de vous<\/h2>\n<p>Voil\u00e0 pour vous. Mais le plus surprenant arrive maintenant.<\/p>\n<p>Quand vous vous calmez, les gens autour de vous se calment aussi.<\/p>\n<p>L&rsquo;agacement et le calme se transmettent de la m\u00eame mani\u00e8re, un peu comme un b\u00e2illement qui fait le tour d&rsquo;une pi\u00e8ce. Quand quelqu&rsquo;un vous parle mal et que vous r\u00e9pondez sur le m\u00eame ton, vous nourrissez le feu. L&rsquo;autre a de quoi continuer, et \u00e7a monte.<\/p>\n<p>Mais quand vous restez pos\u00e9, l&rsquo;autre se retrouve tout seul avec son \u00e9nervement. Votre visage d\u00e9tendu, votre voix qui ralentit et votre regard tranquille, la personne en face ressent tout \u00e7a sans m\u00eame savoir pourquoi. Et la plupart du temps, elle redescend avec vous.<\/p>\n<p>Pensez \u00e0 une ATSEM. La ma\u00eetresse la reprend s\u00e8chement, devant les enfants, sur un ton qui pique. L&rsquo;envie de r\u00e9pondre est l\u00e0, imm\u00e9diate. Mais en r\u00e9p\u00e9tant ses quatre mots, l&rsquo;ATSEM garde son calme et son sourire. Elle r\u00e9pond d&rsquo;une voix pos\u00e9e, continue son travail, et la tension retombe en quelques secondes, sans esclandre devant les petits.<\/p>\n<p>Pensez aussi \u00e0 une aide-soignante en EHPAD. Un r\u00e9sident angoiss\u00e9 s&rsquo;accroche \u00e0 elle, hausse le ton, l&rsquo;accuse de choses qui partent dans tous les sens. Plut\u00f4t que de se braquer, elle se r\u00e9p\u00e8te int\u00e9rieurement d\u00e9sol\u00e9, pardon, merci, je t&rsquo;aime, tout en lui tenant la main. Sa douceur passe dans ses gestes, et le r\u00e9sident, qui cherchait surtout \u00e0 \u00eatre rassur\u00e9, finit par s&rsquo;apaiser.<\/p>\n<h2>\u00c7a peut m\u00eame apaiser toute une situation<\/h2>\n<p>Et \u00e7a va encore plus loin, parce que ce petit rituel peut apaiser non seulement une personne, mais toute une ambiance.<\/p>\n<p>Une r\u00e9union qui tourne au vinaigre, un soir de service o\u00f9 tout d\u00e9raille, et une \u00e9quipe \u00e0 cran apr\u00e8s une mauvaise nouvelle. Dans ces moments-l\u00e0, vous pourriez croire qu&rsquo;il faut que tout le monde fasse un effort pour que \u00e7a se calme. En r\u00e9alit\u00e9, une seule personne pos\u00e9e suffit souvent \u00e0 faire baisser la temp\u00e9rature de toute la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p>Imaginez une serveuse, un vendredi soir. La salle est pleine, la cuisine a pris du retard, les clients s&rsquo;impatientent et les coll\u00e8gues sont \u00e0 fleur de peau. C&rsquo;est le genre de soir\u00e9e qui peut vous laisser sur les rotules.<\/p>\n<p>Entre deux tables, elle se r\u00e9p\u00e8te ses quatre mots. Trois secondes par-ci, trois secondes par-l\u00e0. \u00c7a lui permet de garder son axe au milieu du tourbillon. Et comme elle reste calme, elle pose une note de tranquillit\u00e9 dans le service. Les clients le sentent, les coll\u00e8gues aussi, et la soir\u00e9e se tient, l\u00e0 o\u00f9 elle aurait pu virer au cauchemar.<\/p>\n<h2>Le principe qui d\u00e9range un peu<\/h2>\n<p>Il y a un dernier principe dans le Ho&rsquo;oponopono, le plus puissant de tous, et celui qui surprend au d\u00e9but. Le voici.<\/p>\n<p>Cette m\u00e9thode vous invite \u00e0 travailler sur la seule chose que vous pouvez vraiment changer : votre part \u00e0 vous.<\/p>\n<p>Le comportement de l&rsquo;autre vous \u00e9chappe, de toute fa\u00e7on. Vous pourriez vous \u00e9puiser \u00e0 vouloir le corriger. Le Ho&rsquo;oponopono vous propose autre chose : reporter toute votre attention sur la seule chose qui d\u00e9pend vraiment de vous, votre propre paix int\u00e9rieure. Et \u00e7a, c&rsquo;est un soulagement immense.<\/p>\n<p>Quand vous arr\u00eatez de courir apr\u00e8s le calme des autres pour cultiver le v\u00f4tre, vous reprenez la main. C&rsquo;est vous qui d\u00e9cidez de votre \u00e9tat int\u00e9rieur, quoi qu&rsquo;il arrive autour. Et croyez-moi, c&rsquo;est une vraie lib\u00e9ration.<\/p>\n<h2>Comment vous en servir d\u00e8s cette semaine<\/h2>\n<p>Bon. Assez de th\u00e9orie. Voyons comment vous en servir d\u00e8s demain. C&rsquo;est simple, et \u00e7a tient en quatre temps.<\/p>\n<p><strong>Rep\u00e9rez le moment o\u00f9 la tension monte.<\/strong> Une remarque qui pique, un ton qui change, votre c\u0153ur qui acc\u00e9l\u00e8re. C&rsquo;est le signal.<\/p>\n<p><strong>Posez une respiration.<\/strong> Une seule, tranquille, par le ventre. Elle vous ram\u00e8ne dans votre corps.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9p\u00e9tez les quatre mots en silence.<\/strong> D\u00e9sol\u00e9, pardon, merci, je t&rsquo;aime. Aussi longtemps qu&rsquo;il le faut, le temps que \u00e7a redescende.<\/p>\n<p><strong>Observez ce qui change.<\/strong> Dans votre corps d&rsquo;abord, puis dans l&rsquo;\u00e9change. Vous verrez vite que le ton baisse, des deux c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n<p>Un dernier conseil, et le plus utile peut-\u00eatre. Entra\u00eenez-vous \u00e0 froid, quand tout va bien. Dans le bus, sous la douche et en pleine vaisselle, r\u00e9p\u00e9tez ces quatre mots pour qu&rsquo;ils deviennent un r\u00e9flexe. Comme \u00e7a, le jour o\u00f9 \u00e7a chauffe pour de bon, la formule viendra toute seule, sans que vous ayez \u00e0 y penser.<\/p>\n<p>Et commencez petit. Choisissez d&rsquo;abord une situation l\u00e9g\u00e8re, un agacement de rien du tout, pour prendre le pli. Vous garderez les gros morceaux pour quand vous serez \u00e0 l&rsquo;aise avec l&rsquo;outil.<\/p>\n<h2>Revenons \u00e0 notre caissi\u00e8re<\/h2>\n<p>Vous vous rappelez la caissi\u00e8re du d\u00e9but ?<\/p>\n<p>J&rsquo;ai fini par comprendre ce qu&rsquo;elle se r\u00e9p\u00e9tait tout bas, ce samedi matin, pendant que la cliente s&#8217;emportait pour deux euros de caf\u00e9. Quatre mots, toujours les m\u00eames. D\u00e9sol\u00e9, pardon, merci, je t&rsquo;aime.<\/p>\n<p>Elle les avait d\u00e9couverts quelques mois plus t\u00f4t, et elle s&rsquo;en servait \u00e0 chaque coup de chaud derri\u00e8re sa caisse. Depuis, elle rentrait chez elle le soir bien plus l\u00e9g\u00e8re, en laissant les clients d\u00e9sagr\u00e9ables \u00e0 la porte de son salon.<\/p>\n<p>C&rsquo;est peut-\u00eatre \u00e7a, le plus beau dans cette histoire. Cet outil tient dans votre poche, vous suit partout, vous le gardez pour vous et il est totalement gratuit.<\/p>\n<p>La prochaine fois qu&rsquo;on vous parlera mal, ou qu&rsquo;une situation s&#8217;emballera autour de vous, essayez. Fermez doucement la porte sur le tumulte, et r\u00e9p\u00e9tez vos quatre mots.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai un vieux principe que j&rsquo;aime bien, et il colle parfaitement ici : ce que vous portez en dedans finit toujours par d\u00e9teindre sur le dehors. Alors autant y mettre de la douceur.<\/p>\n<h2>Et si vous n&rsquo;y croyez pas ?<\/h2>\n<p>J&rsquo;ai, dans mon entourage, d&rsquo;\u00e9ternel.le.s sceptiques.<\/p>\n<p>Des personnes qui trouvent \u00e7a \u00ab\u00a0perch\u00e9\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0pas du tout prouv\u00e9 par la science\u00a0\u00bb ou qui ne croient que ce qu&rsquo;elles voient.<\/p>\n<p>Quand on y pense, c&rsquo;est leur droit le plus strict d&rsquo;y \u00ab\u00a0croire\u00a0\u00bb ou pas. En ce qui me concerne, j&rsquo;utilise cette m\u00e9thode depuis plus de 10 ans.<\/p>\n<p>Pour des situations de toutes sortes.<\/p>\n<p>Deux personnes qui se fritent au supermarch\u00e9, sur la route ou m\u00eame au cin\u00e9ma&#8230; Pour une personne \u00ab\u00a0casse-bonbon\u00a0\u00bb de ma famille &#8211; un peu simple d&rsquo;esprit &#8211; qui ne fait que parler pour ne rien dire et qui, du coup, s&#8217;embrouille in\u00e9vitablement avec quelqu&rsquo;un lors des repas de famille&#8230;<\/p>\n<p>Pour un enfant qui crie ou qui s&rsquo;\u00e9nerve, pour une amie ou un proche qui commence \u00e0 vous juger voire \u00e0 vous engueuler parce que vous avez fait un truc qui ne lui plait pas&#8230;<\/p>\n<p>C&rsquo;est un r\u00e9flexe qui fonctionne \u00e0 chaque fois en ce qui ME concerne. Et toutes les personnes \u00e0 qui j&rsquo;en ai parl\u00e9 et qui ont tent\u00e9 le coup se sont sentie apais\u00e9e, et du coup, ont d\u00e9samorc\u00e9 le conflit naissant&#8230;<\/p>\n<p>Bref&#8230; Je ne peux pas savoir quel est l&rsquo;\u00e9tat de votre ouverture d&rsquo;esprit. Peut-\u00eatre que vous \u00eates de ces personnes terre-\u00e0-terre qui ont besoin d&rsquo;avoir des preuves pour tester une m\u00e9thode&#8230;<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre qu&rsquo;on vous a habitu\u00e9 \u00e0 ne croire que ce que vous voyez&#8230;<\/p>\n<p>Quoi qu&rsquo;il en soit, qu&rsquo;est-ce que \u00e7a vous co\u00fbte d&rsquo;essayer ?<\/p>\n<p>Les meilleures preuves que vous pourrez obtenir peuvent venir de VOUS. Tout simplement.<\/p>\n<p>A la prochaine situation tendue au travail ou ailleurs, m\u00eame si cela ne vous concerne pas, mais que vous assistez \u00e0 la sc\u00e8ne, prenez ce r\u00e9flexe de le faire.<\/p>\n<p><em>\u00ab\u00a0Je suis d\u00e9sol\u00e9, je te demande pardon, merci, je t&rsquo;aime\u00a0\u00bb<\/em>. A voix tr\u00e8s basse, ou simplement dans votre t\u00eate. Essayez. Et voyez ce qui se passe.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but, vous direz peut-\u00eatre : \u00ab\u00a0mouais, c&rsquo;est un coup de bol&#8230;\u00a0\u00bb. Peut-\u00eatre, qui sait ?<\/p>\n<p>L&rsquo;important, c&rsquo;est que la situation s&rsquo;am\u00e9liore&#8230;<\/p>\n<p>Essayez. Vous allez voir&#8230; \ud83d\ude42<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Samedi matin, un de ces samedis o\u00f9 le supermarch\u00e9 ressemble \u00e0 une fourmili\u00e8re. Je fais la queue, mon caddie \u00e0 moiti\u00e9 rempli, et devant moi une dame s&rsquo;agace. La promotion affich\u00e9e sur les paquets de caf\u00e9 passe en caisse \u00e0 un prix plus \u00e9lev\u00e9 que pr\u00e9vu. Deux euros d&rsquo;\u00e9cart. 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