{"id":613,"date":"2026-06-13T06:11:29","date_gmt":"2026-06-13T04:11:29","guid":{"rendered":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/?p=613"},"modified":"2026-07-13T06:13:20","modified_gmt":"2026-07-13T04:13:20","slug":"je-ne-suis-quaide-soignante-la-phrase-a-arreter-de-prononcer-pour-vous-meme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/je-ne-suis-quaide-soignante-la-phrase-a-arreter-de-prononcer-pour-vous-meme\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Je ne suis qu&rsquo;aide-soignante\u00a0\u00bb : la phrase \u00e0 arr\u00eater de prononcer pour vous-m\u00eame"},"content":{"rendered":"<p>Chaque fois que vous dites \u00ab je ne suis qu\u2019aide-soignante \u00bb, vous r\u00e9tr\u00e9cissez votre r\u00f4le au moment m\u00eame o\u00f9 votre journ\u00e9e en d\u00e9pend.<\/p>\n<p>Vous connaissez s\u00fbrement cette petite phrase qui sort apr\u00e8s une remarque s\u00e8che, une garde trop lourde ou un \u00e9change tendu : elle semble modeste, elle ab\u00eeme pourtant votre <strong>estime professionnelle<\/strong>, votre <strong>l\u00e9gitimit\u00e9 en EHPAD<\/strong> et votre mani\u00e8re de prendre la parole au travail.<\/p>\n<p>Je vais vous montrer pourquoi cette formule vous co\u00fbte plus qu\u2019elle ne vous prot\u00e8ge, puis vous proposer des <strong>phrases de remplacement<\/strong>, des rep\u00e8res concrets pour mieux vous pr\u00e9senter et des pistes simples pour retrouver une parole juste, claire et solide.<\/p>\n<p>Avant de changer vos mots, il faut comprendre ce qu\u2019ils racontent de votre fatigue, de votre place dans l\u2019\u00e9quipe et de la valeur r\u00e9elle de votre travail.<\/p>\n<h2>Pourquoi cette petite phrase vous rabaisse plus qu\u2019elle ne vous prot\u00e8ge<\/h2>\n<p>Fin de tourn\u00e9e. Dans le vestiaire, la blouse encore humide sur les \u00e9paules, une coll\u00e8gue l\u00e2che : \u00ab Moi, je ne suis qu\u2019aide-soignante. \u00bb Ou bien c\u2019est vous, apr\u00e8s une remarque s\u00e8che d\u2019un proche, d\u2019un m\u00e9decin, d\u2019une cadre. La phrase sort vite, presque comme un r\u00e9flexe de d\u00e9fense. Elle semble humble. Elle est surtout violente avec vous.<\/p>\n<p>Car \u00ab je ne suis qu\u2019aide-soignante \u00bb ne d\u00e9crit pas le m\u00e9tier. Cela le rapetisse. En EHPAD, vous ne faites pas \u201cun peu de tout\u201d en attendant mieux : vous observez, vous soulevez, vous apaisez, vous alertez, vous rep\u00e9rez ce qui bouge avant que cela ne d\u00e9rape. Vous \u00eates souvent la premi\u00e8re \u00e0 voir qu\u2019un r\u00e9sident ne va pas bien, la premi\u00e8re \u00e0 entendre un changement de ton, la premi\u00e8re \u00e0 sentir qu\u2019un refus de toilette cache autre chose. Votre place n\u2019est pas p\u00e9riph\u00e9rique. Elle est au contact du r\u00e9el.<\/p>\n<p>Cette petite phrase entretient aussi une hi\u00e9rarchie int\u00e9rieure tenace : celle qui dit que la parole des autres serait plus l\u00e9gitime que la v\u00f4tre. \u00c0 force de vous nommer en plus petit, vous finissez par demander pardon d\u2019exister dans l\u2019\u00e9quipe. Or ce n\u2019est pas de la modestie. C\u2019est de l\u2019effacement.<\/p>\n<p>Et cet effacement a un co\u00fbt tr\u00e8s concret : on ose moins prendre la parole en transmission, on h\u00e9site \u00e0 signaler un doute, on se tait face \u00e0 une remarque injuste pour \u00e9viter les histoires. Sur le moment, cela prot\u00e8ge un peu du conflit. Mais \u00e0 long terme, cela fatigue, isole et ab\u00eeme la l\u00e9gitimit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n<p>La vraie force n\u2019est pas de se grandir artificiellement. C\u2019est de parler juste, sans se minimiser.<\/p>\n<h2>Ce que cache vraiment le \u00ab je ne suis qu\u2019aide-soignante \u00bb dans la t\u00eate et dans le corps<\/h2>\n<p>Cette phrase ne tombe jamais par hasard. Elle cache souvent une fatigue ancienne, une lassitude de devoir prouver encore et encore qu\u2019on compte. Elle dit parfois : \u00ab Je pr\u00e9f\u00e8re me faire petite avant qu\u2019on me rabaisse. \u00bb Elle dit aussi : \u00ab Si je ne prends pas de place, on me laissera peut-\u00eatre tranquille. \u00bb<\/p>\n<p>En EHPAD, cette strat\u00e9gie s\u2019installe vite quand on a trop souvent \u00e9t\u00e9 interrompue, corrig\u00e9e s\u00e8chement ou renvoy\u00e9e \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des gestes. \u00c0 la longue, on int\u00e8gre l\u2019id\u00e9e que le savoir n\u2019est pas chez vous, alors qu\u2019une grande partie du soin quotidien passe pr\u00e9cis\u00e9ment par votre regard.<\/p>\n<p>Le corps, lui, ne ment pas. Quand cette phrase devient une habitude, les \u00e9paules se referment, la voix baisse, le souffle se coupe au moment de parler. Devant une transmission tendue ou un sourire condescendant, il y a parfois ce micro-recul presque invisible : le buste s\u2019efface, les mots se r\u00e9tractent, la main serre le stylo plus fort. Ce n\u2019est pas un d\u00e9tail. Le corps apprend la position d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9 comme il apprend une posture de travail.<\/p>\n<p>\u00c0 force de r\u00e9p\u00e9ter cette auto-d\u00e9valorisation, le mental suit aussi : rumination apr\u00e8s la garde, relecture des sc\u00e8nes o\u00f9 l\u2019on n\u2019a pas os\u00e9 r\u00e9pondre, difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9crocher une fois rentr\u00e9e chez soi. On repasse la sc\u00e8ne en boucle : \u00ab J\u2019aurais d\u00fb dire\u2026 \u00bb, \u00ab Je n\u2019ai pas compt\u00e9\u2026 \u00bb, \u00ab Je n\u2019ai pas su me faire entendre \u00bb. C\u2019est l\u2019un des signes discrets du stress chronique au travail : on ne quitte plus tout \u00e0 fait la journ\u00e9e en rentrant.<\/p>\n<p>Un autre effet se voit dans les relations difficiles au travail. Quand on se rabaisse trop vite, on se prot\u00e8ge parfois par le silence, mais ce silence devient une habitude de survie. On parle moins en r\u00e9union, on transmet plus court, on n\u2019ose plus demander un arbitrage \u00e0 l\u2019IDE ou \u00e0 la cadre. \u00c0 force, ce n\u2019est plus seulement une phrase : c\u2019est une posture d\u2019effacement.<\/p>\n<p>Un exemple simple suffit \u00e0 le montrer. Vous signalez qu\u2019une r\u00e9sidente refuse de boire depuis le matin, qu\u2019elle a le regard plus \u00e9teint, qu\u2019elle semble diff\u00e9rente. On vous r\u00e9pond : \u00ab On verra plus tard. \u00bb Si, int\u00e9rieurement, vous \u00eates d\u00e9j\u00e0 persuad\u00e9e de n\u2019\u00eatre qu\u2019aide-soignante, vous risquez de vous taire, de ranger l\u2019alerte comme si elle n\u2019avait pas de poids. Si vous tenez une parole plus juste, vous restez debout dans votre r\u00f4le : vous avez vu quelque chose, vous le transmettez, et ce que vous dites m\u00e9rite d\u2019\u00eatre entendu.<\/p>\n<p>C\u2019est l\u00e0 que la phrase fait vraiment mal : elle n\u2019ab\u00eeme pas seulement l\u2019estime de soi, elle ab\u00eeme la qualit\u00e9 du soin. Quand on s\u2019efface trop vite, certains signaux faibles se perdent. Et dans un \u00e9tablissement, les signaux faibles sont souvent les premiers \u00e0 compter.<\/p>\n<h2>Les cinq moments de garde o\u00f9 cette phrase revient et comment la remplacer sur-le-champ<\/h2>\n<p>Cette phrase surgit surtout quand la pression monte. Le plus utile, dans ces situations, c\u2019est de suivre une structure simple : <strong>observer, nommer, transmettre<\/strong>. D\u2019abord les faits. Ensuite une formulation claire. Puis la suite \u00e0 donner. Pas besoin d\u2019un long discours : il faut une parole utile, au bon moment.<\/p>\n<p><strong>1. Quand une famille vous parle sur un ton agressif.<\/strong> Le r\u00e9flexe est de vous faire petite pour \u00e9viter l\u2019escalade. Remplacez plut\u00f4t par : \u00ab Je comprends que vous soyez inquiet, et je vous dis ce que j\u2019ai observ\u00e9 sur son \u00e9tat aujourd\u2019hui. \u00bb Si vous \u00eates tr\u00e8s press\u00e9e : \u00ab Je vous r\u00e9ponds sur ce que j\u2019ai vu. \u00bb \u00c0 \u00e9viter : \u00ab Je ne fais que passer \u00bb, qui vous retire d\u2019un coup toute l\u00e9gitimit\u00e9. Si la personne devient mena\u00e7ante, vous n\u2019avez pas \u00e0 encaisser seule : pr\u00e9venez une IDE, une cadre ou un coll\u00e8gue.<\/p>\n<p><strong>2. Quand un m\u00e9decin, une IDE ou une cadre vous coupe en transmission.<\/strong> Posez une limite sans monter la voix : \u00ab J\u2019ai un \u00e9l\u00e9ment concret \u00e0 signaler avant de poursuivre. \u00bb Si vous \u00eates tr\u00e8s press\u00e9e : \u00ab Un point important avant la suite. \u00bb \u00c0 \u00e9viter : \u00ab Ce n\u2019est pas grave \u00bb, m\u00eame si vous \u00eates tent\u00e9e de le dire pour ne pas d\u00e9ranger. Si c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment concret, il est utile.<\/p>\n<p><strong>3. Quand une r\u00e9sidente vous remercie et que vous minimisez aussit\u00f4t.<\/strong> Beaucoup d\u2019aide-soignantes r\u00e9pondent : \u00ab Oh, ce n\u2019est rien. \u00bb Essayez plut\u00f4t : \u00ab Merci, je suis contente d\u2019avoir pu vous aider aujourd\u2019hui. \u00bb Si vous \u00eates tr\u00e8s press\u00e9e : \u00ab Avec plaisir, je repasse tout \u00e0 l\u2019heure. \u00bb \u00c0 \u00e9viter : transformer le merci en g\u00eane. Recevoir une reconnaissance ne vous fait pas prendre la grosse t\u00eate.<\/p>\n<p><strong>4. Quand une coll\u00e8gue ou un autre service compare les m\u00e9tiers.<\/strong> La tentation est de vous justifier sur la d\u00e9fensive. Vous pouvez dire : \u00ab Mon poste a une fonction pr\u00e9cise dans la continuit\u00e9 des soins, et il compte dans l\u2019\u00e9quipe. \u00bb Si vous \u00eates tr\u00e8s press\u00e9e : \u00ab Je fais ma part dans le parcours de soins. \u00bb \u00c0 \u00e9viter : entrer dans la comp\u00e9tition des dipl\u00f4mes. Vous ne gagnez rien \u00e0 vous excuser de votre m\u00e9tier.<\/p>\n<p><strong>5. Quand vous parlez de votre journ\u00e9e \u00e0 la maison.<\/strong> C\u2019est souvent l\u00e0 que le \u00ab je ne suis qu\u2019aide-soignante \u00bb revient le plus vite, comme si la fatigue vous faisait rapetisser votre propre vie professionnelle. Dites plut\u00f4t : \u00ab Aujourd\u2019hui, j\u2019ai accompagn\u00e9 des soins, des refus, des alertes et beaucoup de lien. \u00bb Si vous \u00eates tr\u00e8s press\u00e9e : \u00ab J\u2019ai eu une journ\u00e9e charg\u00e9e, avec du soin et de l\u2019observation. \u00bb \u00c0 \u00e9viter : r\u00e9sumer votre journ\u00e9e \u00e0 \u201cpas grand-chose\u201d, alors qu\u2019elle a demand\u00e9 de l\u2019attention, de la patience et de la r\u00e9sistance.<\/p>\n<p>Le point commun de ces cinq situations est simple : il ne s\u2019agit pas de parler plus fort, mais de parler plus exact.<\/p>\n<h2>R\u00e9apprendre \u00e0 parler de votre m\u00e9tier avec justesse, sans vous gonfler et sans vous rapetisser<\/h2>\n<p>Parler de son m\u00e9tier avec justesse, c\u2019est trouver une hauteur stable. Ni l\u2019autod\u00e9nigrement, ni l\u2019auto-promotion. Cette hauteur-l\u00e0 tient mieux dans le quotidien d\u2019un EHPAD, parce qu\u2019elle s\u2019appuie sur des faits.<\/p>\n<p>L\u2019humilit\u00e9 saine dit : \u00ab Je connais ma place, je connais aussi mes limites. \u00bb La d\u00e9valorisation dit : \u00ab Ma place vaut moins que celle des autres. \u00bb Ce n\u2019est pas la m\u00eame chose. L\u2019une vous rend fiable. L\u2019autre vous fait dispara\u00eetre.<\/p>\n<h3>Trois fa\u00e7ons de vous pr\u00e9senter sans vous diminuer<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>\u00ab Je suis aide-soignante en EHPAD, j\u2019accompagne les r\u00e9sidents dans les gestes du quotidien et j\u2019observe leur \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral. \u00bb<\/strong><\/li>\n<li><strong>\u00ab Je travaille aupr\u00e8s des r\u00e9sidents pour le confort, les soins d\u2019hygi\u00e8ne et la surveillance de changements d\u2019\u00e9tat. \u00bb<\/strong><\/li>\n<li><strong>\u00ab Mon r\u00f4le est d\u2019assurer une pr\u00e9sence de terrain, d\u2019alerter quand quelque chose change et de soutenir le quotidien. \u00bb<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces phrases disent votre fonction sans la r\u00e9duire \u00e0 une t\u00e2che m\u00e9canique. Elles montrent que vous faites partie de la cha\u00eene de soin, pas seulement du d\u00e9cor.<\/p>\n<h3>Trois verbes d\u2019action \u00e0 privil\u00e9gier<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>Observer<\/strong> : parce que vous rep\u00e9rez ce que d\u2019autres ne voient pas imm\u00e9diatement.<\/li>\n<li><strong>Transmettre<\/strong> : parce que ce que vous notez et dites peut orienter la suite.<\/li>\n<li><strong>Accompagner<\/strong> : parce que le soin en EHPAD ne se limite jamais \u00e0 un geste isol\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces verbes rappellent que votre savoir n\u2019est pas seulement manuel : il est relationnel, clinique et pratique.<\/p>\n<h3>Trois pi\u00e8ges de langage \u00e0 \u00e9viter<\/h3>\n<ul>\n<li><strong>\u00ab Je ne fais que\u2026 \u00bb<\/strong><\/li>\n<li><strong>\u00ab Ce n\u2019est pas grand-chose \u00bb<\/strong><\/li>\n<li><strong>\u00ab Je suis juste aide-soignante \u00bb<\/strong><\/li>\n<\/ul>\n<p>Le mot \u201cjuste\u201d semble modeste, mais il vous rapetisse. Ne confondez pas humilit\u00e9 et effacement : l\u2019humilit\u00e9 vous laisse \u00e0 votre juste place, l\u2019effacement vous retire de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<h3>Quand demander du soutien, et quand envisager autre chose<\/h3>\n<p>Si la phrase revient tout le temps, si vous tremblez avant la prise de poste, si vous rentrez avec une boule au ventre plusieurs fois par semaine, ce sont parfois des signaux d\u2019alerte d\u2019un stress qui s\u2019installe. Dans ce cas, demandez du soutien : parlez \u00e0 une coll\u00e8gue de confiance, \u00e0 votre r\u00e9f\u00e9rente, \u00e0 la cadre, au service de sant\u00e9 au travail si c\u2019est possible.<\/p>\n<p>Demander de l\u2019aide n\u2019est pas un aveu d\u2019\u00e9chec. C\u2019est une posture professionnelle.<\/p>\n<p>Et si, malgr\u00e9 les \u00e9changes, l\u2019environnement continue \u00e0 renforcer l\u2019effacement, la peur ou la d\u00e9valorisation, il peut \u00eatre juste de vous poser la question d\u2019un changement de travail aide-soignante : changement d\u2019unit\u00e9, de service, d\u2019\u00e9tablissement, parfois m\u00eame de rythme. Partir n\u2019est pas fuir quand le cadre use durablement la sant\u00e9.<\/p>\n<h2>Ce que change, d\u00e8s la prochaine tourn\u00e9e, une parole plus juste pour vous et pour l\u2019\u00e9quipe<\/h2>\n<p>D\u00e8s la prochaine garde, choisissez une seule phrase de remplacement et gardez-la pr\u00eate. Pas dix. Une. Celle que vous pourrez dire m\u00eame quand vous \u00eates fatigu\u00e9e, press\u00e9e ou agac\u00e9e. Par exemple : \u00ab J\u2019ai observ\u00e9 un changement et je le transmets. \u00bb Cette phrase tient peu de place, mais elle remet votre parole au bon niveau.<\/p>\n<p>Pendant la tourn\u00e9e, prenez une seconde pour formuler les faits en deux temps. D\u2019abord ce que vous avez vu : \u00ab Madame L. a moins mang\u00e9, elle semble plus ferm\u00e9e, elle a refus\u00e9 l\u2019aide au lever. \u00bb Ensuite ce que cela vous fait penser : \u00ab Cela me semble diff\u00e9rent de d\u2019habitude. \u00bb Cette construction est simple, mais elle donne de la solidit\u00e9 \u00e0 votre observation.<\/p>\n<p>En fin de garde, une transmission structur\u00e9e peut \u00eatre tr\u00e8s courte : \u00ab Mme X. a peu bu, a refus\u00e9 le lever du matin, reste somnolente, je demande une surveillance. \u00bb En quatre \u00e9l\u00e9ments, vous donnez d\u00e9j\u00e0 l\u2019essentiel. C\u2019est concret, transmissible, utile.<\/p>\n<p>Pensez aussi \u00e0 l\u2019organisation de votre semaine de travail aide-soignante : rep\u00e9rer \u00e0 l\u2019avance les moments \u00e0 risque, pr\u00e9parer deux ou trois phrases-cl\u00e9s avant les tourn\u00e9es, pr\u00e9voir un sas de r\u00e9cup\u00e9ration apr\u00e8s les gardes difficiles. Une minute avant d\u2019entrer, deux respirations au vestiaire, un temps calme au retour : ce sont de petits appuis, mais ils aident \u00e0 ne pas emporter tout le stress chez soi.<\/p>\n<p>Une parole plus juste change plus de choses qu\u2019on ne l\u2019imagine. Elle vous \u00e9vite de rentrer chez vous avec la sensation de n\u2019avoir \u00e9t\u00e9 qu\u2019une main. Elle aide aussi vos coll\u00e8gues \u00e0 mieux situer votre r\u00f4le. Et surtout, elle am\u00e9liore la circulation des informations utiles. Dans un EHPAD, une observation formul\u00e9e clairement peut \u00e9viter un retard de prise en charge, un malentendu ou une banalisation trop rapide d\u2019un sympt\u00f4me.<\/p>\n<p>Ce changement est discret, mais il est r\u00e9el : vous cessez de vous pr\u00e9senter comme une pr\u00e9sence secondaire, et vous vous nommez comme ce que vous \u00eates d\u00e9j\u00e0, une professionnelle du quotidien, de l\u2019attention et de l\u2019alerte.<\/p>\n<h2>Pour aller plus loin<\/h2>\n<p>Vous pouvez laisser cette petite phrase derri\u00e8re vous, car elle ne raconte ni votre m\u00e9tier ni votre valeur. En la rempla\u00e7ant par des mots plus justes, vous gagnez en assurance, en clart\u00e9 et en l\u00e9gitimit\u00e9, tout en prot\u00e9geant la qualit\u00e9 de vos transmissions et de vos soins au quotidien.<\/p>\n<p>Votre r\u00f4le en EHPAD m\u00e9rite d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 avec pr\u00e9cision : vous observez, vous alertez, vous accompagnez, et votre regard compte vraiment.<\/p>\n<p>D\u00e8s votre prochaine garde, choisissez une phrase simple pour d\u00e9crire ce que vous voyez et ce que vous transmettez, puis tenez-vous \u00e0 cette parole avec calme et solidit\u00e9.<\/p>\n<p>Vous \u00eates bien plus qu\u2019une \u00e9tiquette de vestiaire : vous \u00eates une pr\u00e9sence essentielle, une professionnelle du quotidien, et une force discr\u00e8te qui fait tenir le soin debout.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque fois que vous dites \u00ab je ne suis qu\u2019aide-soignante \u00bb, vous r\u00e9tr\u00e9cissez votre r\u00f4le au moment m\u00eame o\u00f9 votre journ\u00e9e en d\u00e9pend. Vous connaissez s\u00fbrement cette petite phrase qui sort apr\u00e8s une remarque s\u00e8che, une garde trop lourde ou un \u00e9change tendu : elle semble modeste, elle ab\u00eeme pourtant votre estime professionnelle, votre l\u00e9gitimit\u00e9 &#8230; <a href=\"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/je-ne-suis-quaide-soignante-la-phrase-a-arreter-de-prononcer-pour-vous-meme\/\" title=\"\u00ab\u00a0Je ne suis qu&rsquo;aide-soignante\u00a0\u00bb : la phrase \u00e0 arr\u00eater de prononcer pour vous-m\u00eame\" class=\"read-more\"  aria-label=\"En savoir plus sur \u00ab\u00a0Je ne suis qu&rsquo;aide-soignante\u00a0\u00bb : la phrase \u00e0 arr\u00eater de prononcer pour vous-m\u00eame\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":1569,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-613","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-metier-aide-soignante-ehpad"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/613","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=613"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/613\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1570,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/613\/revisions\/1570"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1569"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=613"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=613"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=613"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}