{"id":733,"date":"2026-09-01T00:27:43","date_gmt":"2026-08-31T22:27:43","guid":{"rendered":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/?p=733"},"modified":"2026-09-01T00:27:43","modified_gmt":"2026-08-31T22:27:43","slug":"aide-soignante-en-ehpad-quitter-le-service-a-lheure-meme-quand-tout-nest-pas-fini-la-permission-a-se-donner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/aide-soignante-en-ehpad-quitter-le-service-a-lheure-meme-quand-tout-nest-pas-fini-la-permission-a-se-donner\/","title":{"rendered":"Aide-soignante en EHPAD : Quitter le service \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame quand tout n&rsquo;est pas fini : la permission \u00e0 se donner"},"content":{"rendered":"<p>Fin de poste, service encore en mouvement, et cette petite voix qui vous souffle que partir \u00e0 l\u2019heure serait presque un luxe. En EHPAD, j\u2019entends souvent la m\u00eame tension : vouloir bien faire, tout porter, puis garder le cap quand la rel\u00e8ve approche.<\/p>\n<p>Vous vous demandez peut-\u00eatre : comment <strong>quitter le service \u00e0 l\u2019heure<\/strong> quand il reste encore des choses \u00e0 finir ? Comment d\u00e9cider entre ce qui rel\u00e8ve d\u2019une vraie urgence et ce qui peut attendre la transmission ? Comment poser un cadre sans passer pour une coll\u00e8gue distante ? Et surtout, comment sortir du service avec l\u2019esprit l\u00e9ger alors que la journ\u00e9e a d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bord\u00e9 de partout ?<\/p>\n<p>Je vais vous montrer comment faire de <strong>la fin de service en EHPAD<\/strong> un moment plus clair, plus serein et plus professionnel, avec des rep\u00e8res simples pour trier l\u2019urgent, transmettre l\u2019essentiel et vous donner la permission de partir \u00e0 l\u2019heure sans vous trahir.<\/p>\n<p>Nous allons voir ensemble pourquoi partir \u00e0 l\u2019heure peut devenir un vrai acte de soin, ce qui entretient la culpabilit\u00e9 en fin de poste, et les gestes concrets qui vous aident \u00e0 fermer la journ\u00e9e avec justesse et assurance.<\/p>\n<h2>Pourquoi quitter \u00e0 l\u2019heure peut devenir un acte de soin pour vous et pour les r\u00e9sident.e.s<\/h2>\n<p>En fin de service, il reste souvent une chambre \u00e0 finir, un change \u00e0 reprendre, une sonnette qui retentit, une transmission \u00e0 compl\u00e9ter. Le vestiaire est l\u00e0, tout pr\u00e8s. Et pourtant, on h\u00e9site encore. Dans un EHPAD, <strong>partir \u00e0 l\u2019heure<\/strong> peut sembler trop simple pour \u00eatre vrai. Comme si cela voulait dire \u201claisser le reste\u201d, alors qu\u2019il s\u2019agit surtout de cl\u00f4turer proprement la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour une aide-soignante en EHPAD, rentrer \u00e0 l\u2019heure n\u2019est pas un manque d\u2019engagement. C\u2019est une comp\u00e9tence de fin de service : savoir trier, transmettre et fermer le poste sans mettre en jeu la continuit\u00e9 du soin. Vous revenez le lendemain avec plus de souffle, moins de saturation, davantage de disponibilit\u00e9 pour observer, rassurer, ajuster. La qualit\u00e9 du soin ne se joue pas seulement dans l\u2019instant ; elle d\u00e9pend aussi de votre capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer.<\/p>\n<p>Un d\u00e9part \u00e0 l\u2019heure peut m\u00eame am\u00e9liorer la vigilance du lendemain. Quand vous rentrez plus t\u00f4t, vous dormez mieux, vous r\u00e9cup\u00e9rez davantage, vous \u00eates moins en mode survie. Le lendemain, vous percevez plus vite une douleur inhabituelle, un changement d\u2019humeur, une fatigue chez un r\u00e9sident. Le soin gagne en justesse parce que vous avez m\u00e9nag\u00e9 votre \u00e9nergie.<\/p>\n<p>Quitter le service \u00e0 l\u2019heure, c\u2019est donc accepter une id\u00e9e difficile mais juste : tout ne se termine pas avec vous, et ce n\u2019est pas un \u00e9chec.<\/p>\n<h2>Ce qui vous retient apr\u00e8s la rel\u00e8ve : charge mentale, culpabilit\u00e9 et culture du \u201cje finis tout\u201d<\/h2>\n<p>Si vous restez souvent apr\u00e8s l\u2019heure, ce n\u2019est pas seulement parce qu\u2019il reste du travail. C\u2019est aussi parce que tout se m\u00e9lange au m\u00eame moment : les gestes \u00e0 faire, les infos \u00e0 retenir, la peur d\u2019oublier, le regard des coll\u00e8gues, la fatigue qui monte d\u2019un coup.<\/p>\n<p>Il y a la charge mentale, tr\u00e8s concr\u00e8te en fin de poste : une coll\u00e8gue absente, une personne agit\u00e9e, une transmission incompl\u00e8te, un chariot \u00e0 remettre en ordre, un r\u00e9sident \u00e0 surveiller de pr\u00e8s. En sous-effectif, avec les interruptions et le multit\u00e2che, on finit par croire qu\u2019il faut \u201ctenir encore un peu\u201d.<\/p>\n<p>Il y a aussi la culpabilit\u00e9. Celle qui dit : \u201cSi je pars maintenant, je laisse les autres avec le reste.\u201d Ou : \u201cSi je m\u2019en vais \u00e0 l\u2019heure, on va penser que je ne fais pas ma part.\u201d En EHPAD, cette culpabilit\u00e9 s\u2019appuie sur une culture d\u2019\u00e9quipe tr\u00e8s forte : la d\u00e9brouille, le \u201cje finis tout\u201d, le \u201con ne laisse pas une coll\u00e8gue seule\u201d. Cette culture peut \u00eatre pr\u00e9cieuse, mais elle devient fatigante quand elle emp\u00eache chacun de tenir son cadre.<\/p>\n<p>Le pi\u00e8ge, c\u2019est que cette logique r\u00e9compense l\u2019endurance plus que la justesse. On reste dix minutes de plus, puis vingt, puis tous les jours. \u00c0 force, ce temps donn\u00e9 en plus devient normal. Et ce qui devait \u00eatre exceptionnel se transforme en dette invisible : votre soir\u00e9e raccourcie, votre sommeil ab\u00eem\u00e9, votre corps qui r\u00e9cup\u00e8re mal.<\/p>\n<p>Un soir, par exemple, il est 20 h 55. La rel\u00e8ve est \u00e0 21 h. Il reste un change, deux transmissions \u00e0 compl\u00e9ter, une coll\u00e8gue press\u00e9e, et la sonnette d\u2019un autre secteur s\u2019active. Le probl\u00e8me n\u2019est pas seulement la t\u00e2che restante. C\u2019est l\u2019impression qu\u2019il faudrait tout porter soi-m\u00eame pour que la journ\u00e9e soit \u201ccorrecte\u201d.<\/p>\n<h2>Ce que changer de regard permet : distinguer l\u2019urgence vraie de la t\u00e2che qui attendra demain<\/h2>\n<p>Le premier changement utile, c\u2019est de trier plus vite. Tout ne rel\u00e8ve pas de l\u2019urgence, m\u00eame si tout semble press\u00e9 en fin de service.<\/p>\n<p>Voici un rep\u00e8re simple \u00e0 garder en t\u00eate :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Urgence imm\u00e9diate<\/strong> : douleur aigu\u00eb, chute, d\u00e9tresse respiratoire, malaise, agitation avec risque de blessure, personne en danger.<\/li>\n<li><strong>\u00c0 transmettre<\/strong> : soin de confort, change non vital, linge, r\u00e9organisation, surveillance \u00e0 poursuivre, fatigue inhabituelle, petite sonnette ponctuelle si la situation est stable.<\/li>\n<li><strong>\u00c0 planifier pour demain<\/strong> : rangement secondaire, ajustement de mat\u00e9riel, note administrative, d\u00e9tail non s\u00e9curitaire, t\u00e2che de confort non prioritaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Quelques exemples concrets aident \u00e0 d\u00e9cider : &#8211; Une <strong>chute<\/strong> avec douleur ou changement d\u2019\u00e9tat : on reste, on s\u00e9curise, on alerte. &#8211; Un <strong>change de confort<\/strong> chez une personne stable : on peut parfois le transmettre si le relais est clair. &#8211; Un <strong>linge<\/strong> \u00e0 ranger, une <strong>note administrative<\/strong> \u00e0 compl\u00e9ter, un mat\u00e9riel \u00e0 remettre en place : cela attendra souvent le prochain poste. &#8211; Une sonnette qui sonne une fois pour un besoin simple, sans signe de d\u00e9tresse : \u00e0 \u00e9valuer, mais pas forc\u00e9ment \u00e0 vivre comme une urgence.<\/p>\n<p>Ce tri n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 votre conscience professionnelle. Au contraire, il la rend plus nette. Vous cessez de courir apr\u00e8s une id\u00e9e floue du \u201ctout faire\u201d. Vous vous recentrez sur ce qui prot\u00e8ge vraiment la personne, maintenant, puis sur ce qui peut \u00eatre repris par l\u2019\u00e9quipe suivante.<\/p>\n<p>Une nuance importante : tout ne se transmet pas de la m\u00eame fa\u00e7on. Certaines choses doivent \u00eatre dites oralement \u00e0 la rel\u00e8ve, surtout si elles concernent la s\u00e9curit\u00e9, la douleur, l\u2019agitation ou un changement d\u2019\u00e9tat. D\u2019autres doivent aussi \u00eatre trac\u00e9es par \u00e9crit, selon les r\u00e8gles du service. La transmission en EHPAD n\u2019est pas seulement une conversation : c\u2019est un passage d\u2019informations utiles, au bon support, au bon moment.<\/p>\n<h2>La permission \u00e0 se donner avant la fin du service : une r\u00e8gle simple pour d\u00e9cider sans se trahir<\/h2>\n<p>La r\u00e8gle la plus utile tient en une formule courte :<\/p>\n<p><strong>Danger r\u00e9el, je reste. Transmission possible, je passe le relais. Reprise sans perte, je pars.<\/strong><\/p>\n<p>Elle est simple \u00e0 m\u00e9moriser, et surtout utilisable dans le feu du service.<\/p>\n<p>Mode d\u2019emploi : 1. <strong>\u00c9valuer le risque<\/strong> : est-ce que la personne est en danger, douloureuse, instable, confuse, \u00e0 surveiller de pr\u00e8s ? 2. <strong>Transmettre le reste<\/strong> : si ce n\u2019est pas critique, dire pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui doit \u00eatre repris. 3. <strong>V\u00e9rifier la reprise possible<\/strong> : est-ce que la rel\u00e8ve a compris, et peut reprendre sans perte de s\u00e9curit\u00e9 ?<\/p>\n<p>Si la r\u00e9ponse vous oriente vers la transmission, vous avez votre permission de partir \u00e0 l\u2019heure. Pas parce que vous \u201cabandonnez\u201d, mais parce que vous avez fait le tri. Vous avez s\u00e9curis\u00e9 ce qui devait l\u2019\u00eatre.<\/p>\n<p>Cette r\u00e8gle a un autre avantage : elle vous prot\u00e8ge du flou \u00e9motionnel de fin de service. Quand la fatigue monte, on juge mal. On dramatise parfois un d\u00e9tail. On se sent responsable de tout. Avec cette grille, vous revenez \u00e0 une d\u00e9cision professionnelle, pas \u00e0 une impression.<\/p>\n<p>Et vous pouvez vous rappeler ceci : <strong>faire confiance \u00e0 votre jugement fait partie de la confiance en soi au travail<\/strong>. Vous n\u2019avez pas besoin d\u2019attendre d\u2019\u00eatre \u00e9puis\u00e9e pour valider votre d\u00e9cision.<\/p>\n<h2>Pr\u00e9venir l\u2019\u00e9quipe, transmettre juste, partir sereinement : les gestes concrets pour fermer la journ\u00e9e \u00e0 l\u2019heure<\/h2>\n<p>Quitter \u00e0 l\u2019heure ne repose pas seulement sur une d\u00e9cision int\u00e9rieure. Il faut aussi une fa\u00e7on de faire. Trois gestes suffisent souvent : anticiper, transmettre, cl\u00f4turer.<\/p>\n<h3>1. Anticiper les derni\u00e8res minutes<\/h3>\n<p>Si vous le pouvez, commencez \u00e0 pr\u00e9parer la fin de poste un peu avant la rel\u00e8ve. Dix minutes avant, regardez ce qui est r\u00e9ellement terminable, ce qui doit \u00eatre not\u00e9, ce qui doit \u00eatre dit. Cette petite organisation, r\u00e9p\u00e9t\u00e9e jour apr\u00e8s jour, change beaucoup la fin de service : on \u00e9vite de tout laisser s\u2019empiler au dernier moment.<\/p>\n<p>Concr\u00e8tement : &#8211; pr\u00e9parer les transmissions cibl\u00e9es ; &#8211; rep\u00e9rer les points non termin\u00e9s ; &#8211; \u00e9viter de lancer une nouvelle t\u00e2che lourde juste avant l\u2019heure ; &#8211; v\u00e9rifier ce qui rel\u00e8ve de la s\u00e9curit\u00e9 imm\u00e9diate.<\/p>\n<h3>2. Annoncer t\u00f4t ce qui restera \u00e0 faire<\/h3>\n<p>Ne laissez pas le reste se transformer en surprise de derni\u00e8re minute. D\u00e8s que vous voyez qu\u2019une t\u00e2che ne pourra pas \u00eatre termin\u00e9e dans le temps imparti, dites-le clairement.<\/p>\n<p>Quelques formulations utiles : &#8211; \u201cLe change de la chambre 14 sera repris au relais, la personne est install\u00e9e et surveill\u00e9e.\u201d &#8211; \u201cJe n\u2019aurai pas le temps de refaire ce point avant la rel\u00e8ve, je le transmets.\u201d &#8211; \u201cLa situation est stable, mais il reste ce soin de confort \u00e0 reprendre.\u201d &#8211; \u201cJ\u2019ai not\u00e9 la surveillance, la rel\u00e8ve prendra le point.\u201d<\/p>\n<p>Cette annonce \u00e9vite le flou et r\u00e9duit la tension de fin de poste. Elle montre que vous ne laissez pas tomber : vous organisez le relais.<\/p>\n<h3>3. Transmettre juste, sans trop charger<\/h3>\n<p>Une bonne transmission n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre longue. Elle doit \u00eatre claire : l\u2019\u00e9tat de la personne, ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, le point de vigilance, ce qui attend la suite.<\/p>\n<p>Exemple : \u201cMadame X a bien mang\u00e9, elle est confortable, douleur signal\u00e9e en fin de repas, surveillance pr\u00e9vue.\u201d C\u2019est pr\u00e9cis, utile, actionnable.<\/p>\n<p>Vous pouvez vous r\u00e9p\u00e9ter une r\u00e8gle simple : <strong>ce qui s\u00e9curise, je dis ; ce qui encombre, je coupe<\/strong>. Une transmission trop d\u00e9taill\u00e9e fatigue tout le monde et noie l\u2019essentiel.<\/p>\n<h3>4. Cl\u00f4turer pour de vrai<\/h3>\n<p>Fermer la journ\u00e9e, ce n\u2019est pas seulement parler. C\u2019est aussi marquer la fin dans les gestes : ranger ce qui doit l\u2019\u00eatre, v\u00e9rifier l\u2019essentiel, noter ce qui compte, poser la blouse, prendre le sac.<\/p>\n<p>Si une coll\u00e8gue sollicite une derni\u00e8re chose, gardez un ton simple et ferme : &#8211; \u201cJe l\u2019ai transmis, le relais prend.\u201d &#8211; \u201cJe ne peux pas le faire maintenant, c\u2019est not\u00e9.\u201d &#8211; \u201cC\u2019est s\u00e9curis\u00e9, on reprend \u00e7a au prochain tour.\u201d &#8211; \u201cJe termine \u00e0 l\u2019heure, la rel\u00e8ve est au courant.\u201d<\/p>\n<p>Ces phrases ne sont pas du refus sec. Ce sont des phrases de cadre. Elles disent : je reste professionnelle, mais je ne d\u00e9borde pas mon temps de travail.<\/p>\n<h2>Quand la culpabilit\u00e9 remonte : phrases rep\u00e8res et ancrages pour tenir votre cadre sans duret\u00e9<\/h2>\n<p>La culpabilit\u00e9 arrive souvent au moment exact o\u00f9 vous attrapez votre sac. Elle sait viser juste. Elle chuchote : \u201cTu pourrais encore faire un tour.\u201d \u201cTu es s\u00fbre de pouvoir partir ?\u201d \u201cLes autres vont voir que tu t\u2019en vas.\u201d<\/p>\n<p>Dans ces moments-l\u00e0, il est utile d\u2019avoir des phrases courtes, presque comme des appuis.<\/p>\n<ul>\n<li>\u201cJ\u2019ai s\u00e9curis\u00e9 l\u2019essentiel.\u201d<\/li>\n<li>\u201cJ\u2019ai transmis ce qui devait l\u2019\u00eatre.\u201d<\/li>\n<li>\u201cJe rentre pour revenir en \u00e9tat demain.\u201d<\/li>\n<li>\u201cMon cadre prot\u00e8ge mon soin.\u201d<\/li>\n<li>\u201cJe ne laisse pas sans relais, je transmets.\u201d<\/li>\n<li>\u201cJe peux \u00eatre fiable sans rester apr\u00e8s l\u2019heure.\u201d<\/li>\n<li>\u201cLe service ne tient pas gr\u00e2ce \u00e0 mon \u00e9puisement.\u201d<\/li>\n<\/ul>\n<p>Vous pouvez aussi r\u00e9pondre de fa\u00e7on neutre si une coll\u00e8gue ou un encadrant vous met la pression : &#8211; \u201cC\u2019est bien transmis.\u201d &#8211; \u201cJe n\u2019ajoute pas de nouvelle t\u00e2che \u00e0 la fin du poste.\u201d &#8211; \u201cJe comprends, mais je pars \u00e0 l\u2019heure.\u201d &#8211; \u201cSi c\u2019est prioritaire, il faut le signaler \u00e0 la rel\u00e8ve.\u201d &#8211; \u201cJe le note pour demain.\u201d &#8211; \u201cJe ne peux pas prolonger aujourd\u2019hui.\u201d<\/p>\n<p>Ces phrases aident aussi \u00e0 g\u00e9rer les relations difficiles au travail sans conflit inutile. Elles sont fermes, simples, non agressives.<\/p>\n<p>Vous pouvez enfin ajouter un mini-rituel de sortie, en 20 secondes : 1. poser les deux pieds au sol ; 2. souffler une fois lentement ; 3. regarder le service ; 4. vous dire : <strong>\u201cLa journ\u00e9e est ferm\u00e9e.\u201d<\/strong><\/p>\n<p>Ce geste peut para\u00eetre simple. Il aide pourtant le corps \u00e0 comprendre ce que l\u2019esprit doit accepter : le poste est termin\u00e9, le relais est pos\u00e9, vous pouvez sortir sans vous trahir.<\/p>\n<h2>Ce que vous prot\u00e9gez en rentrant \u00e0 l\u2019heure : votre sant\u00e9, votre pr\u00e9sence du lendemain et la qualit\u00e9 du soin \u00e0 long terme<\/h2>\n<p>Rentrer \u00e0 l\u2019heure prot\u00e8ge d\u2019abord votre sant\u00e9. Vos pieds, votre dos, votre sommeil, votre capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9crocher du service. Il prot\u00e8ge aussi votre t\u00eate : moins de rumination, moins de fatigue cumul\u00e9e, moins d\u2019irritation au moment de revenir. \u00c0 force de d\u00e9bordement horaire, on s\u2019\u00e9puise, on fait plus d\u2019erreurs, et la r\u00e9cup\u00e9ration devient plus lente.<\/p>\n<p>Cela prot\u00e8ge ensuite votre pr\u00e9sence du lendemain. Une soignante qui r\u00e9cup\u00e8re vraiment revient plus stable, plus attentive, plus juste dans les gestes. Elle voit mieux les petits changements. Elle entend mieux ce qui se dit \u00e0 demi-mot. Elle garde plus de disponibilit\u00e9 pour la personne.<\/p>\n<p>Et cela prot\u00e8ge enfin la qualit\u00e9 du soin \u00e0 long terme. Un EHPAD tient gr\u00e2ce \u00e0 des professionnelles durables, pas gr\u00e2ce \u00e0 des \u00e9lans d\u2019usure. Le vrai professionnalisme ne consiste pas \u00e0 s\u2019effacer derri\u00e8re le service. Il consiste \u00e0 tenir dans la dur\u00e9e, avec un cadre clair et une organisation du travail qui permet de respirer.<\/p>\n<p>Si vous ne deviez garder que trois r\u00e9flexes, ce seraient ceux-l\u00e0 : <strong>trier l\u2019urgence<\/strong>, <strong>transmettre clairement<\/strong>, <strong>partir sans vous expliquer \u00e0 l\u2019infini<\/strong>. Ce sont des gestes modestes, mais puissants. Ils vous permettent de fermer la journ\u00e9e \u00e0 l\u2019heure, sans duret\u00e9, et de revenir demain avec la m\u00eame qualit\u00e9 de pr\u00e9sence.<\/p>\n<h2>Pour aller plus loin<\/h2>\n<p>Au fond, partir \u00e0 l\u2019heure en EHPAD, surtout quand le service d\u00e9borde encore, demande du courage et une vraie lucidit\u00e9. Vous avez le droit de trier l\u2019urgence, de transmettre avec pr\u00e9cision et de refermer votre poste avec s\u00e9rieux, sans porter toute la journ\u00e9e sur vos \u00e9paules jusqu\u2019au bout de la nuit.<\/p>\n<p>Le vrai soin tient aussi dans votre capacit\u00e9 \u00e0 poser un cadre, \u00e0 pr\u00e9server votre \u00e9nergie et \u00e0 revenir le lendemain avec une pr\u00e9sence plus juste, plus stable et plus disponible pour les r\u00e9sident.e.s.<\/p>\n<p>La prochaine fois que l\u2019horloge s\u2019approche de la fin de service, appuyez-vous sur votre grille, faites une transmission claire, puis autorisez-vous \u00e0 partir avec assurance. Vous avez tenu votre r\u00f4le, et votre cadre m\u00e9rite d\u2019\u00eatre respect\u00e9.<\/p>\n<p>Ce que vous prot\u00e9gez en rentrant \u00e0 l\u2019heure, ce n\u2019est pas seulement votre soir\u00e9e : c\u2019est la qualit\u00e9 de votre soin, la solidit\u00e9 de votre \u00e9quipe et la force tranquille de votre engagement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Fin de poste, service encore en mouvement, et cette petite voix qui vous souffle que partir \u00e0 l\u2019heure serait presque un luxe. En EHPAD, j\u2019entends souvent la m\u00eame tension : vouloir bien faire, tout porter, puis garder le cap quand la rel\u00e8ve approche. Vous vous demandez peut-\u00eatre : comment quitter le service \u00e0 l\u2019heure quand &#8230; <a href=\"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/aide-soignante-en-ehpad-quitter-le-service-a-lheure-meme-quand-tout-nest-pas-fini-la-permission-a-se-donner\/\" title=\"Aide-soignante en EHPAD : Quitter le service \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame quand tout n&rsquo;est pas fini : la permission \u00e0 se donner\" class=\"read-more\"  aria-label=\"En savoir plus sur Aide-soignante en EHPAD : Quitter le service \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame quand tout n&rsquo;est pas fini : la permission \u00e0 se donner\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":2107,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15],"tags":[],"class_list":["post-733","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-metier-aide-soignante-ehpad"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/733","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=733"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/733\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2106,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/733\/revisions\/2106"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2107"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=733"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=733"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=733"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}