{"id":748,"date":"2026-05-15T07:24:14","date_gmt":"2026-05-15T05:24:14","guid":{"rendered":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/?p=748"},"modified":"2026-07-15T08:30:15","modified_gmt":"2026-07-15T06:30:15","slug":"infirmiere-quitter-le-service-a-lheure-meme-quand-tout-nest-pas-fini-la-conscience-professionnelle-bien-comprise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/infirmiere-quitter-le-service-a-lheure-meme-quand-tout-nest-pas-fini-la-conscience-professionnelle-bien-comprise\/","title":{"rendered":"Infirmi\u00e8re : Quitter le service \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame quand tout n&rsquo;est pas fini : la conscience professionnelle bien comprise"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 votre poste d\u00e9borde encore, <strong>partir \u00e0 l\u2019heure<\/strong> peut sembler presque insolent\u2026 et pourtant, c\u2019est souvent l\u00e0 que la vraie <strong>conscience professionnelle infirmi\u00e8re<\/strong> commence \u00e0 se voir.<\/p>\n<p>Entre la transmission \u00e0 finir, le patient \u00e0 surveiller, le dossier \u00e0 tracer et la pression du service, beaucoup d\u2019infirmi\u00e8res se demandent : faut-il rester pour tout boucler, ou quitter la garde avec un cadre solide ?<\/p>\n<p>Je vous propose de clarifier ce que recouvre vraiment la <strong>conscience professionnelle<\/strong> en soins infirmiers, avec des rep\u00e8res concrets pour <strong>quitter le service \u00e0 l\u2019heure<\/strong>, s\u00e9curiser la continuit\u00e9 des soins et garder une ligne de travail tenable.<\/p>\n<p>Voyons ensemble les questions qui reviennent le plus souvent quand l\u2019horloge sonne et que tout semble encore en cours.<\/p>\n<h3>Pourquoi quitter \u00e0 l\u2019heure n\u2019est pas un manque de conscience professionnelle, mais un cadre de soin juste<\/h3>\n<p><strong>Quitter \u00e0 l\u2019heure en tant qu\u2019infirmi\u00e8re n\u2019est pas un manque de conscience professionnelle : c\u2019est une fa\u00e7on de prot\u00e9ger la s\u00e9curit\u00e9 du patient, la qualit\u00e9 de la transmission et votre \u00e9quilibre au travail.<\/strong> Rester quelques minutes peut se justifier ; rester syst\u00e9matiquement jusqu\u2019\u00e0 ce que \u201ctout soit fini\u201d n\u2019est ni un standard de qualit\u00e9, ni une preuve d\u2019engagement.<\/p>\n<p>Fin de poste. Il reste un pansement \u00e0 refaire, une transmission \u00e0 compl\u00e9ter, un dossier \u00e0 tracer, un patient \u00e0 rassurer. Autour de vous, la pression est souvent silencieuse : \u201cTu peux rester un peu ?\u201d, \u201cOn n\u2019y arrivera pas sans toi\u201d, \u201cJuste cinq minutes de plus.\u201d C\u2019est souvent l\u00e0 que la conscience professionnelle infirmi\u00e8re se brouille. Rester semble noble. Partir \u00e0 l\u2019heure para\u00eet presque fautif.<\/p>\n<p>Pourtant, quitter son poste \u00e0 l\u2019heure ne signifie pas abandonner le soin. Cela signifie poser un cadre juste : soigner avec s\u00e9rieux, transmettre avec clart\u00e9, et pr\u00e9server les conditions d\u2019une garde suivante fiable. Le soin ne se mesure pas \u00e0 la dur\u00e9e pass\u00e9e sur le service, mais \u00e0 la qualit\u00e9 de ce qui a \u00e9t\u00e9 s\u00e9curis\u00e9, not\u00e9 et relay\u00e9.<\/p>\n<p>Partir \u00e0 l\u2019heure prot\u00e8ge aussi la qualit\u00e9 clinique. Une infirmi\u00e8re \u00e9puis\u00e9e surveille moins bien, priorise moins finement et transmet plus vite qu\u2019elle ne v\u00e9rifie. Le pr\u00e9sent\u00e9isme ne garantit pas la qualit\u00e9 du soin ; il peut au contraire augmenter le risque d\u2019erreur. La continuit\u00e9 du soin d\u00e9pend moins d\u2019une pr\u00e9sence prolong\u00e9e que d\u2019un relais propre et d\u2019une vraie confiance en soi au travail.<\/p>\n<h3>Les vieux r\u00e9flexes du \u201cje reste jusqu\u2019\u00e0 ce que tout soit fini\u201d : quand le d\u00e9vouement bascule en pi\u00e8ge<\/h3>\n<p>Le r\u00e9flexe de rester co\u00fbte que co\u00fbte repose sur trois ressorts tr\u00e8s concrets.<\/p>\n<p>D\u2019abord, la culture du service. Dans certains lieux, on valorise celles qui \u201cassurent\u201d, celles qui ne partent jamais avant d\u2019avoir tout absorb\u00e9, celles qui \u201csavent se d\u00e9brouiller\u201d. Cette norme implicite finit par peser plus lourd que les consignes officielles. On ne quitte plus \u00e0 l\u2019heure par crainte d\u2019\u00eatre jug\u00e9e, surtout dans des relations difficiles au travail o\u00f9 la pression du collectif est forte.<\/p>\n<p>Ensuite, la surcharge chronique. Quand les effectifs sont tendus, le retard devient la r\u00e8gle, et l\u2019exception se transforme en habitude. On ne reste plus pour un impr\u00e9vu ; on reste parce qu\u2019il manque toujours quelqu\u2019un, parce qu\u2019un soin a d\u00e9bord\u00e9, parce qu\u2019une urgence a mang\u00e9 le reste. \u00c0 force, le d\u00e9passement horaire para\u00eet normal. Cela complique aussi la mani\u00e8re de g\u00e9rer le stress au travail : on ne termine jamais vraiment, on encha\u00eene seulement.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019identit\u00e9 professionnelle sacrificielle. Beaucoup d\u2019infirmi\u00e8res ont int\u00e9gr\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t l\u2019id\u00e9e qu\u2019une \u201cbonne\u201d soignante se met en dernier. Dans cette logique, partir \u00e0 l\u2019heure ressemble \u00e0 une faiblesse morale. Or, confondre engagement et effacement est dangereux. Une conscience professionnelle mature ne demande pas de se sacrifier, mais de tenir une ligne fiable.<\/p>\n<p>Exemple concret : vous terminez un poste du soir en m\u00e9decine, avec un patient instable, une famille en attente, et un dossier encore incomplet. Une coll\u00e8gue vous dit : \u201cTu peux juste rester le temps qu\u2019on finisse ici, sinon \u00e7a tombe sur nous.\u201d Si vous restez quarante minutes de plus \u00e0 tout rattraper, vous avez le sentiment d\u2019avoir bien fait. Mais vous rognez votre repos, vous fragilisez la garde suivante et vous installez l\u2019id\u00e9e que votre temps personnel est toujours n\u00e9gociable. Le service gagne un rattrapage ponctuel, mais perd en soutenabilit\u00e9.<\/p>\n<h3>Red\u00e9finir la conscience professionnelle infirmi\u00e8re : prot\u00e9ger la qualit\u00e9 du soin, l\u2019\u00e9quipe et soi-m\u00eame<\/h3>\n<p>La conscience professionnelle infirmi\u00e8re n\u2019est pas une disponibilit\u00e9 infinie. C\u2019est une capacit\u00e9 \u00e0 faire juste, au bon moment, dans un cadre clair. Elle repose sur trois piliers simples.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Ce que je s\u00e9curise<\/strong> &#8211; les soins prioritaires et les urgences r\u00e9elles ; &#8211; les traitements critiques et les surveillances indispensables ; &#8211; les situations qui engagent imm\u00e9diatement la s\u00e9curit\u00e9 du patient.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Ce que je transmets<\/strong> &#8211; les informations utiles \u00e0 la prise de relais ; &#8211; les points de vigilance en cours ; &#8211; ce qui doit \u00eatre vu, recontr\u00f4l\u00e9 ou signal\u00e9 au cours de la prochaine garde.<\/p>\n<p>&#8211; <strong>Ce que je laisse \u00e0 l\u2019\u00e9quipe suivante<\/strong> &#8211; ce qui n\u2019est pas urgent dans l\u2019instant ; &#8211; ce qui rel\u00e8ve d\u2019un confort ou d\u2019un r\u00e9ajustement non critique ; &#8211; ce qui peut \u00eatre poursuivi sans mettre le patient en risque.<\/p>\n<p>On peut le r\u00e9sumer en trois colonnes mentales : <strong>urgent \/ peut attendre \/ doit \u00eatre transmis<\/strong>. Si c\u2019est urgent, on traite. Si cela peut attendre sans risque, on note et on transmet. Si c\u2019est flou, on le clarifie avant de partir. Cette mani\u00e8re de penser vous aide \u00e0 sortir du \u201ctout finir\u201d pour revenir au \u201cfaire ce qui compte\u201d.<\/p>\n<p>Prot\u00e9ger l\u2019\u00e9quipe est un point central. Une passation nette, un dossier lisible et des priorit\u00e9s clairement signal\u00e9es font gagner du temps \u00e0 la personne qui prend la suite. Dans un service, la solidarit\u00e9 ne se mesure pas au nombre de minutes suppl\u00e9mentaires offertes, mais \u00e0 la qualit\u00e9 du relais.<\/p>\n<p>Prot\u00e9ger soi-m\u00eame compte tout autant. Le repos n\u2019est pas un luxe, c\u2019est une condition de s\u00e9curit\u00e9. Quand les fins de poste se prolongent trop souvent, le sommeil se fragilise, l\u2019attention baisse et l\u2019usure morale s\u2019installe. La conscience professionnelle bien comprise inclut donc la r\u00e9cup\u00e9ration, sans laquelle le soin devient progressivement moins s\u00fbr.<\/p>\n<h3>Les rep\u00e8res concrets pour partir \u00e0 l\u2019heure sans laisser le poste en d\u00e9sordre<\/h3>\n<p>Quitter le service \u00e0 l\u2019heure ne s\u2019improvise pas dans les cinq derni\u00e8res minutes. Cela se pr\u00e9pare. La m\u00e9thode la plus efficace consiste \u00e0 anticiper la fin de garde d\u00e8s la seconde moiti\u00e9 du poste.<\/p>\n<p><strong>Dans les 30 derni\u00e8res minutes, visez cette mini check-list de fin de poste :<\/strong> 1. v\u00e9rifier les priorit\u00e9s r\u00e9ellement urgentes ; 2. tracer ce qui doit l\u2019\u00eatre avant le relais ; 3. pr\u00e9parer une transmission courte et claire ; 4. ranger uniquement ce qui conditionne la fluidit\u00e9 du prochain poste ; 5. signaler ce qui reste en surveillance ou en attente.<\/p>\n<p><strong>1. Prioriser<\/strong> Commencez par distinguer ce qui est indispensable de ce qui peut attendre. Les soins vitaux, la s\u00e9curit\u00e9 m\u00e9dicamenteuse, les alertes cliniques et les transmissions \u00e0 haut enjeu passent en premier. Le reste se hi\u00e9rarchise ensuite.<\/p>\n<p><strong>2. Tracer<\/strong> Notez ce qui doit l\u2019\u00eatre avant le relais : surveillance r\u00e9alis\u00e9e, point d\u2019alerte, consigne m\u00e9dicale, \u00e9volution clinique, examen \u00e0 venir. Une trace courte, claire et dat\u00e9e vaut mieux qu\u2019un dossier retard\u00e9 ou incomplet. La tra\u00e7abilit\u00e9 prot\u00e8ge la continuit\u00e9 du soin et votre responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>3. Ranger<\/strong> Remettre un poste lisible ne veut pas dire tout remettre au carr\u00e9. Cela veut dire rendre le service exploitable : mat\u00e9riel utile \u00e0 sa place, chariot r\u00e9assorti si n\u00e9cessaire, d\u00e9chets \u00e9limin\u00e9s, environnement imm\u00e9diat s\u00e9curis\u00e9. Le but n\u2019est pas le d\u00e9cor, mais la fluidit\u00e9 pour l\u2019\u00e9quipe suivante.<\/p>\n<p><strong>4. Transmettre<\/strong> La transmission n\u2019est pas le moment o\u00f9 l\u2019on \u201cvide\u201d sa journ\u00e9e ; c\u2019est celui o\u00f9 l\u2019on signale l\u2019essentiel. Visez une transmission structur\u00e9e : \u00e9tat du patient, point de vigilance, action faite, action \u00e0 faire, niveau d\u2019urgence. C\u2019est ce cadre qui permet de partir sans laisser de zone grise.<\/p>\n<p><strong>5. V\u00e9rifier ce qui est vraiment \u00e0 votre charge<\/strong> Avant de rester \u201cencore un peu\u201d, demandez-vous : est-ce une urgence r\u00e9elle, ou une surcharge organisationnelle ? Est-ce un acte indispensable pour la s\u00e9curit\u00e9, ou une t\u00e2che de confort qui peut \u00eatre reprise ? Cette distinction vous \u00e9vite de porter seule ce qui rel\u00e8ve en r\u00e9alit\u00e9 du collectif.<\/p>\n<h3>Ce que vous pouvez dire, d\u00e9l\u00e9guer et tracer avant de rendre la blouse<\/h3>\n<p>Quand le temps manque, les formulations simples sont vos meilleures alli\u00e9es. Dire clairement ce que vous faites, ce que vous laissez et ce que vous transmettez \u00e9vite bien des tensions.<\/p>\n<p>Vous pouvez dire : &#8211; \u201cJe termine cette surveillance, puis je fais la transmission.\u201d &#8211; \u201cCe point est signal\u00e9, il reste \u00e0 recontr\u00f4ler au prochain tour.\u201d &#8211; \u201cJe ne peux pas tout reprendre maintenant, mais l\u2019essentiel est not\u00e9 et transmis.\u201d &#8211; \u201cJe pars \u00e0 l\u2019heure, la suite est cadr\u00e9e.\u201d &#8211; \u201cSi c\u2019est une urgence, je m\u2019en occupe tout de suite ; sinon je le transmets pour la rel\u00e8ve.\u201d<\/p>\n<p>Selon le contexte, il faut parfois \u00eatre plus explicite : &#8211; <strong>\u00c0 une coll\u00e8gue pressante<\/strong> : \u201cJe comprends, mais je dois partir \u00e0 l\u2019heure. Je laisse un relais clair.\u201d &#8211; <strong>\u00c0 un cadre de sant\u00e9<\/strong> : \u201cIl reste des t\u00e2ches, mais la s\u00e9curit\u00e9 est assur\u00e9e et la transmission est faite. Je ne peux pas prolonger davantage.\u201d &#8211; <strong>Face \u00e0 une demande dite urgente<\/strong> : \u201cEst-ce une urgence patient ou un point d\u2019organisation ? Je traite l\u2019urgence, sinon je le note pour la rel\u00e8ve.\u201d<\/p>\n<p>Ces phrases posent une limite professionnelle lisible et soutenable.<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 d\u00e9l\u00e9gation, tout d\u00e9pend de l\u2019organisation du service et des comp\u00e9tences de chacun. On peut confier ce qui rel\u00e8ve du circuit habituel : un rangement cibl\u00e9, une aide \u00e0 la pr\u00e9paration, une transmission de consigne simple, un relais sur une surveillance non critique si le cadre le permet. En revanche, on ne d\u00e9l\u00e8gue pas \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re une observation clinique sensible, un acte engageant la s\u00e9curit\u00e9 ou un point qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 valid\u00e9 dans l\u2019organisation du service.<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e n\u2019est pas de \u201cse d\u00e9barrasser\u201d de ce qui reste. L\u2019id\u00e9e est de r\u00e9partir correctement. Dire non \u00e0 ce qui n\u2019est pas prioritaire, c\u2019est aussi une forme d\u2019assertivit\u00e9 et de confiance en soi au travail.<\/p>\n<p>Pour tracer utilement, gardez trois questions en t\u00eate : &#8211; Qu\u2019est-ce qui engage la s\u00e9curit\u00e9 imm\u00e9diate ? &#8211; Qu\u2019est-ce qui doit \u00eatre relu ou recontr\u00f4l\u00e9 ? &#8211; Qu\u2019est-ce que la coll\u00e8gue suivante doit savoir sans ambigu\u00eft\u00e9 ?<\/p>\n<p>Si vous partez dans vingt minutes, une version tr\u00e8s simple suffit : &#8211; r\u00e9gler d\u2019abord les points de s\u00e9curit\u00e9 ; &#8211; noter les \u00e9l\u00e9ments en cours ; &#8211; pr\u00e9venir la coll\u00e8gue de ce qui demande vigilance ; &#8211; laisser le poste lisible, pas parfait.<\/p>\n<p>En pratique, la bonne question n\u2019est pas \u201cai-je tout fini ?\u201d, mais \u201cai-je laiss\u00e9 un service s\u00fbr et transmissible ?\u201d<\/p>\n<h3>Quand la culpabilit\u00e9 remonte au vestiaire : tenir sa ligne sans se trahir la prochaine garde<\/h3>\n<p>La culpabilit\u00e9 revient souvent apr\u00e8s coup. Une fois la blouse accroch\u00e9e, elle reprend la parole : vous auriez pu rester, vous auriez d\u00fb faire plus, vous avez laiss\u00e9 du travail. Cette voix est fr\u00e9quente chez les soignantes parce qu\u2019elle s\u2019appuie sur le sens du devoir. Mais elle devient trompeuse quand elle transforme chaque limite en faute.<\/p>\n<p>Il faut distinguer la <strong>culpabilit\u00e9 utile<\/strong> de la <strong>culpabilit\u00e9 toxique<\/strong>. La premi\u00e8re vous aide \u00e0 corriger une transmission, \u00e0 mieux anticiper, \u00e0 ajuster une pratique. La seconde vous pousse \u00e0 vous excuser d\u2019exister, \u00e0 vous suradapter, \u00e0 d\u00e9passer syst\u00e9matiquement vos horaires au d\u00e9triment de votre sant\u00e9 mentale au travail.<\/p>\n<p>Pour lui r\u00e9pondre, gardez une phrase courte, stable, r\u00e9p\u00e9table : <strong>\u201cJ\u2019ai s\u00e9curis\u00e9, transmis et laiss\u00e9 un relais clair.\u201d<\/strong> Elle recentre la conscience professionnelle sur des faits, pas sur une impression.<\/p>\n<p>Trois signaux doivent alerter sur une surcharge chronique et une possible entr\u00e9e dans l\u2019\u00e9puisement professionnel soignant : &#8211; une fatigue persistante qui ne dispara\u00eet plus entre deux gardes ; &#8211; une irritabilit\u00e9 inhabituelle, parfois avec repli ou perte de patience ; &#8211; une appr\u00e9hension croissante avant chaque poste, avec sensation de blocage.<\/p>\n<p>Quand ces signaux s\u2019installent, il ne faut pas attendre d\u2019\u00eatre au bout. Parler \u00e0 un cadre, \u00e0 la m\u00e9decine du travail, \u00e0 un m\u00e9decin, \u00e0 un psychologue ou \u00e0 un dispositif d\u2019\u00e9coute pour soignants peut aider \u00e0 pr\u00e9venir le burn-out. Ce n\u2019est pas seulement une question de bien-\u00eatre : c\u2019est une question de s\u00e9curit\u00e9 et de long\u00e9vit\u00e9 professionnelle.<\/p>\n<p>Vous pouvez aussi pr\u00e9parer votre prochaine garde sans vous surcharger. Trois rep\u00e8res aident \u00e0 tenir dans la dur\u00e9e : &#8211; commencer plus t\u00f4t la mise en ordre de fin de poste ; &#8211; signaler plus vite ce qui doit \u00eatre relay\u00e9 ; &#8211; ne pas attendre la derni\u00e8re minute pour demander de l\u2019aide.<\/p>\n<p>Le vrai enjeu, ce n\u2019est pas de partir \u00e0 l\u2019heure une fois. C\u2019est de pouvoir le faire r\u00e9guli\u00e8rement sans culpabilit\u00e9 destructrice. Et si malgr\u00e9 vos efforts le cadre reste durablement intenable, si les effectifs, l\u2019organisation ou les relations d\u2019\u00e9quipe rendent impossible un d\u00e9part propre et serein, il peut \u00eatre l\u00e9gitime d\u2019envisager un changement de service, voire de travail.<\/p>\n<p>La conscience professionnelle bien comprise ne vous demande pas de rester jusqu\u2019\u00e0 vous \u00e9puiser. Elle vous demande de soigner juste, transmettre juste et partir \u00e0 l\u2019heure sans vous trahir.<\/p>\n<h2>Pour aller plus loin<\/h2>\n<p>Au fond, partir \u00e0 l\u2019heure raconte une posture solide : vous s\u00e9curisez l\u2019essentiel, vous transmettez avec clart\u00e9 et vous laissez \u00e0 l\u2019\u00e9quipe suivante un relais exploitable. Ce choix prot\u00e8ge le patient, soutient la qualit\u00e9 du service et pr\u00e9serve votre \u00e9nergie pour durer dans le m\u00e9tier avec lucidit\u00e9 et fiert\u00e9.<\/p>\n<p>La vraie conscience professionnelle infirmi\u00e8re se voit dans un cadre de soin juste : agir avec s\u00e9rieux, hi\u00e9rarchiser avec intelligence, transmettre avec pr\u00e9cision et garder assez de souffle pour continuer \u00e0 bien soigner demain.<\/p>\n<p>La prochaine fois que l\u2019horloge sonne en fin de poste, appuyez-vous sur vos rep\u00e8res, posez votre limite avec calme et quittez le service avec la certitude d\u2019avoir fait votre part. Votre s\u00e9rieux m\u00e9rite un cadre sain, et votre travail m\u00e9rite d\u2019\u00eatre tenu avec respect.<\/p>\n<p>Une infirmi\u00e8re qui part \u00e0 l\u2019heure avec un poste clair, un patient s\u00e9curis\u00e9 et une transmission solide n\u2019en fait pas moins : elle incarne un soin fiable, humain et profond\u00e9ment professionnel.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 votre poste d\u00e9borde encore, partir \u00e0 l\u2019heure peut sembler presque insolent\u2026 et pourtant, c\u2019est souvent l\u00e0 que la vraie conscience professionnelle infirmi\u00e8re commence \u00e0 se voir. Entre la transmission \u00e0 finir, le patient \u00e0 surveiller, le dossier \u00e0 tracer et la pression du service, beaucoup d\u2019infirmi\u00e8res se demandent : faut-il rester pour &#8230; <a href=\"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/infirmiere-quitter-le-service-a-lheure-meme-quand-tout-nest-pas-fini-la-conscience-professionnelle-bien-comprise\/\" title=\"Infirmi\u00e8re : Quitter le service \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame quand tout n&rsquo;est pas fini : la conscience professionnelle bien comprise\" class=\"read-more\"  aria-label=\"En savoir plus sur Infirmi\u00e8re : Quitter le service \u00e0 l&rsquo;heure m\u00eame quand tout n&rsquo;est pas fini : la conscience professionnelle bien comprise\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":16,"featured_media":1613,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[18],"tags":[],"class_list":["post-748","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-metier-infirmiere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/16"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=748"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1612,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/748\/revisions\/1612"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1613"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=748"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=748"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=748"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}