{"id":819,"date":"2026-04-10T07:38:04","date_gmt":"2026-04-10T05:38:04","guid":{"rendered":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/?p=819"},"modified":"2026-07-15T07:08:16","modified_gmt":"2026-07-15T05:08:16","slug":"coiffeuse-retrouver-la-passion-du-metier-apres-des-annees-de-coupes-mecaniques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/coiffeuse-retrouver-la-passion-du-metier-apres-des-annees-de-coupes-mecaniques\/","title":{"rendered":"Coiffeuse : retrouver la passion du m\u00e9tier apr\u00e8s des ann\u00e9es de coupes m\u00e9caniques"},"content":{"rendered":"<p>\u00c0 force d\u2019encha\u00eener les coupes m\u00e9caniques, beaucoup de coiffeuses sentent leur geste se vider de sa saveur, alors qu\u2019il suffit parfois d\u2019un regard plus pr\u00e9cis pour rallumer l\u2019envie.<\/p>\n<p>Je vois souvent les m\u00eames questions revenir : comment retrouver la passion du m\u00e9tier quand le salon tourne \u00e0 toute vitesse ? Comment pr\u00e9server la <strong>confiance en soi au travail<\/strong> quand la routine prend toute la place ? Comment retrouver le bon rythme sans sacrifier la qualit\u00e9, le corps et l\u2019\u00e9nergie ? Comment redonner du sens \u00e0 chaque service quand la journ\u00e9e ressemble \u00e0 une succession de gestes automatiques ? Comment retrouver une vraie <strong>satisfaction professionnelle<\/strong> apr\u00e8s des ann\u00e9es de coupes \u00e0 la cha\u00eene ?<\/p>\n<p>Dans cet article, je vous montre comment remettre de l\u2019<strong>intelligence dans le geste<\/strong>, mieux lire la t\u00eate et la mati\u00e8re, all\u00e9ger l\u2019organisation du salon et installer des rituels simples pour faire revenir la pr\u00e9cision, le plaisir et la fiert\u00e9 du m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Vous allez voir qu\u2019avec quelques ajustements concrets, la <strong>coiffure<\/strong> retrouve du relief et chaque coupe redevient un vrai moment de ma\u00eetrise, de dialogue et d\u2019\u00e9lan cr\u00e9atif.<\/p>\n<h3>Pourquoi les coupes m\u00e9caniques \u00e9touffent la passion au salon<\/h3>\n<p>\u00c0 la cha\u00eene, le salon peut tourner vite. Trop vite. Une cliente s\u2019assoit, une autre attend d\u00e9j\u00e0, les ciseaux vont plus vite que le regard, et la conversation se r\u00e9duit \u00e0 trois mots. \u00c0 force, la nuque se raidit, les \u00e9paules montent, la m\u00e9moire des t\u00eates se brouille. On finit la matin\u00e9e sans avoir vraiment regard\u00e9 personne. Ce n\u2019est pas seulement le corps qui fatigue : c\u2019est la fiert\u00e9 professionnelle qui s\u2019\u00e9rode en silence.<\/p>\n<p>La coupe m\u00e9canique, c\u2019est du geste sans observation, du rythme sans respiration. On coupe \u201ccomme d\u2019habitude\u201d, on encha\u00eene \u201cpour tenir\u201d, on pilote en mode urgence. Le cerveau se met en \u00e9conomie d\u2019\u00e9nergie, la main r\u00e9p\u00e8te, l\u2019\u0153il se contente d\u2019\u00e0-peu-pr\u00e8s. Plus la journ\u00e9e s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, plus le m\u00e9tier se vide de sa substance. Ce qui use le plus, ce n\u2019est pas seulement le nombre de coupes. C\u2019est la sensation de devenir ex\u00e9cutante d\u2019un flux continu.<\/p>\n<p>Les premiers signaux d\u2019alerte arrivent souvent avant le vrai d\u00e9couragement : irritabilit\u00e9, perte de concentration, petites erreurs d\u2019angle, gestes plus lourds, envie de faire vite pour \u201cen finir\u201d, baisse de confiance en soi au travail. Parfois, on redoute m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une cliente habituelle, non parce qu\u2019elle est compliqu\u00e9e, mais parce qu\u2019on n\u2019a plus l\u2019\u00e9nergie de bien faire. Cette fatigue peut \u00eatre passag\u00e8re. Elle peut aussi annoncer un \u00e9puisement plus profond si rien ne change.<\/p>\n<p>Le point contre-intuitif, pourtant, est l\u00e0 : plus la journ\u00e9e est remplie, plus chaque seconde d\u2019observation devient rentable. Un regard pr\u00e9cis au d\u00e9but du service am\u00e9liore la qualit\u00e9, le confort et l\u2019envie de bien faire. Quand chaque t\u00eate redevient un cas unique, le geste cesse d\u2019\u00eatre une copie. Il reprend du relief.<\/p>\n<p>Prenons un exemple simple. Une coiffeuse encha\u00eene huit coupes homme le matin. Si elle coupe toutes les t\u00eates avec le m\u00eame angle, la m\u00eame vitesse et le m\u00eame discours, elle finit les \u00e9paules hautes, le poignet dur et l\u2019esprit satur\u00e9. Si elle prend trente secondes pour lire l\u2019implantation, rep\u00e9rer l\u2019\u00e9pi principal et sentir la densit\u00e9, la journ\u00e9e change. Le service reste rapide, mais il redevient vivant.<\/p>\n<h3>Retrouver le geste juste, celui qui redonne du sens au m\u00e9tier<\/h3>\n<p>Le geste juste n\u2019est pas un geste lent pour faire s\u00e9rieux. C\u2019est un geste pos\u00e9, lisible, utile. Il \u00e9conomise l\u2019effort, clarifie la forme et prot\u00e8ge la main. Dans la coiffure, retrouver ce geste, c\u2019est remettre de l\u2019intelligence dans le mouvement. Et, surtout, se remettre dans la peau d\u2019une experte, pas d\u2019une ex\u00e9cutante.<\/p>\n<p>Pour y revenir, posez-vous une question avant chaque coupe : quel est le vrai objectif de cette t\u00eate aujourd\u2019hui ? Nettoyer une ligne ? Redessiner du volume ? S\u00e9curiser une longueur ? Adoucir une mati\u00e8re trop pleine ? Cette question oblige \u00e0 choisir. Elle \u00e9vite la coupe r\u00e9flexe.<\/p>\n<p>La confiance en soi au travail revient souvent quand le geste est mieux pr\u00e9par\u00e9. Une coupe pens\u00e9e avant d\u2019\u00eatre commenc\u00e9e diminue le doute en plein milieu du service. On ne cherche plus \u201cau hasard\u201d la bonne forme, on sait pourquoi on ouvre tel angle, pourquoi on garde tel point d\u2019appui. Cette intention claire replace la coiffeuse dans une posture d\u2019experte.<\/p>\n<p>Le geste juste se pr\u00e9pare aussi dans le poste de travail. Une paire de ciseaux adapt\u00e9e, une chaise \u00e0 bonne hauteur, un poignet align\u00e9, des \u00e9paules basses, des pieds ancr\u00e9s au sol : ces d\u00e9tails ne sont pas des luxes. Ils font partie de la pr\u00e9vention des troubles musculo-squelettiques en coiffure. Deux r\u00e9glages simples changent d\u00e9j\u00e0 beaucoup : monter ou baisser le fauteuil client pour \u00e9viter de lever les \u00e9paules, et rapprocher le mat\u00e9riel pour ne pas tendre le bras \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition. Si vous sentez d\u00e9j\u00e0 la nuque se crisper ou le poignet casser sa ligne, vous \u00eates trop loin du corps.<\/p>\n<p>Mini-protocole \u00e0 tester au d\u00e9but de chaque coupe : 1. poser les deux pieds au sol ; 2. rel\u00e2cher les \u00e9paules ; 3. regarder la ligne de coupe avant de toucher le cheveu ; 4. choisir un seul rep\u00e8re de geste pour toute la prestation.<\/p>\n<p>Ce petit rituel calme la t\u00eate, s\u00e9curise le mouvement et redonne une sensation de ma\u00eetrise.<\/p>\n<h3>R\u00e9apprendre \u00e0 \u00e9couter la t\u00eate, le cheveu et la cliente<\/h3>\n<p>R\u00e9apprendre \u00e0 \u00e9couter, c\u2019est retrouver la mati\u00e8re vivante du m\u00e9tier. Une t\u00eate parle, mais pas avec des mots. Elle donne des indices concrets : un \u00e9pi qui pousse dans le mauvais sens, une implantation plus forte \u00e0 la nuque, une zone d\u2019usure au-dessus des tempes, une densit\u00e9 irr\u00e9guli\u00e8re, une habitude de coiffage qui tasse toujours le m\u00eame c\u00f4t\u00e9. Le cheveu, lui, raconte sa porosit\u00e9, sa fatigue, sa m\u00e9moire des couleurs. La cliente ajoute son rythme de vie, son niveau d\u2019exigence, sa peur de perdre en longueur, son envie d\u2019\u00eatre facile \u00e0 coiffer le matin.<\/p>\n<p>L\u2019erreur m\u00e9canique consiste \u00e0 r\u00e9pondre trop vite. On croit avoir compris parce qu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 vu cent fois le m\u00eame carr\u00e9, la m\u00eame frange, la m\u00eame demande floue. Mais la vraie \u00e9coute commence avant la r\u00e9ponse. Une question simple ouvre souvent mieux qu\u2019un long discours : \u201cQu\u2019est-ce qui vous g\u00eane le plus au quotidien ?\u201d ou \u201cQu\u2019est-ce que vous voulez sentir en sortant d\u2019ici ?\u201d L\u00e0, on quitte l\u2019automatisme. On entre dans le travail de pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>Cette \u00e9coute aide aussi \u00e0 mieux g\u00e9rer les relations difficiles au travail en salon. Face \u00e0 une cliente press\u00e9e, on peut aller droit au but : \u201cJe vous propose deux options, courte et s\u00e9curis\u00e9e, ou un peu plus douce mais avec plus d\u2019entretien.\u201d Face \u00e0 une demande floue, on reformule : \u201cVous souhaitez surtout gagner en l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ou en tenue au coiffage ?\u201d Face \u00e0 une cliente qui veut garder de la longueur, on s\u00e9curise : \u201cJe vous montre o\u00f9 je peux enlever du poids sans toucher \u00e0 la ligne qui compte pour vous.\u201d<\/p>\n<p>Une mini-m\u00e9thode de questionnement en 3 \u00e9tapes aide \u00e0 ne pas s\u2019\u00e9puiser : 1. comprendre le besoin r\u00e9el ; 2. v\u00e9rifier la contrainte principale ; 3. reformuler la solution avant de couper.<\/p>\n<p>Prenons une cliente exigeante qui veut \u201cquelque chose de moderne\u201d mais refuse toute perte de longueur. La r\u00e9ponse m\u00e9canique la met vite en opposition. La r\u00e9ponse professionnelle cherche un terrain commun : quel mouvement, quelle texture, quel encadrement du visage peut donner de la nouveaut\u00e9 sans trahir sa peur ? Le dialogue n\u2019est pas un suppl\u00e9ment. Il fait partie du service.<\/p>\n<p>La diff\u00e9rence se voit tr\u00e8s vite. Une cliente dit : \u201cJe veux juste raccourcir un peu.\u201d La r\u00e9ponse m\u00e9canique enl\u00e8ve deux centim\u00e8tres et basta. L\u2019\u00e9coute professionnelle peut r\u00e9v\u00e9ler autre chose : une nuque lourde \u00e0 l\u2019attache, une masse qui rebique au coiffage, une frange qui fatigue le regard, un manque de souplesse sur les pointes. En ajustant la coupe \u00e0 ce besoin r\u00e9el, vous obtenez un r\u00e9sultat plus beau au quotidien. La cliente se recoiffe mieux. Vous, vous sentez que votre geste sert enfin \u00e0 quelque chose.<\/p>\n<h3>All\u00e9ger la journ\u00e9e pour laisser revenir l\u2019\u00e9lan cr\u00e9atif<\/h3>\n<p>La cr\u00e9ativit\u00e9 adore l\u2019espace. Elle \u00e9touffe dans les plannings trop serr\u00e9s, les pauses oubli\u00e9es et les successions de services sans souffle. All\u00e9ger la journ\u00e9e, ce n\u2019est pas chercher une perfection irr\u00e9aliste. C\u2019est retirer assez de friction pour que le geste redevienne propre et que le regard ne se ferme pas \u00e0 la quatri\u00e8me cliente.<\/p>\n<p>Commencez par le plus concret : la r\u00e9partition des rendez-vous. Une coupe technique apr\u00e8s trois prestations longues ne demande pas la m\u00eame vigilance qu\u2019un simple rafra\u00eechissement. Si vous le pouvez, placez les services les plus exigeants dans vos cr\u00e9neaux de concentration haute. Gardez les t\u00e2ches simples quand l\u2019attention baisse : accueil, shampoing, pr\u00e9paration de base, rangement, s\u00e9chage standard. \u00c9vitez surtout d\u2019encha\u00eener trop de prestations techniques sans respiration.<\/p>\n<p>Exemple de semaine type en salon : &#8211; lundi matin : coupes pr\u00e9cises et services demandant de la lecture de forme ; &#8211; lundi apr\u00e8s-midi : colorations, soins, prestations plus r\u00e9p\u00e9titives ; &#8211; mardi : gros volume de client\u00e8le, avec des cr\u00e9neaux courts et des t\u00e2ches plus simples ; &#8211; jeudi ou vendredi : rendez-vous qui demandent davantage de dialogue et de finitions ; &#8211; fin de journ\u00e9e : services moins lourds, pour limiter les erreurs li\u00e9es \u00e0 la fatigue.<\/p>\n<p>Cette logique n\u2019est pas un luxe. C\u2019est une strat\u00e9gie de travail. Moins de course ne veut pas dire moins de rentabilit\u00e9 ; cela veut souvent dire moins d\u2019erreurs, moins de reprises et moins de stress au travail en coiffure. Une journ\u00e9e un peu mieux s\u00e9quenc\u00e9e peut para\u00eetre plus calme sur le papier, tout en \u00e9tant plus efficace en r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Le micro-ajustement \u00e0 tester d\u00e8s demain est simple : apr\u00e8s deux services techniques, prenez cinq minutes r\u00e9elles pour faire redescendre la tension. Buvez, \u00e9tirez les \u00e9paules, changez de posture, regardez loin, puis revenez au poste avec les yeux \u201cr\u00e9initialis\u00e9s\u201d. Ce n\u2019est pas une pause molle. C\u2019est un reset mental.<\/p>\n<h3>S\u2019autoriser des rituels de travail qui prot\u00e8gent le corps et le plaisir<\/h3>\n<p>Les rituels prot\u00e8gent. Ils donnent un cadre au corps, rassurent l\u2019esprit et \u00e9vitent de se laisser happer par le flot. Dans la coiffure, ils peuvent faire une vraie diff\u00e9rence, parce que le m\u00e9tier sollicite les mains, les bras, le dos, les yeux et l\u2019attention pendant de longues heures.<\/p>\n<p>Un rituel utile commence avant m\u00eame la premi\u00e8re coupe : r\u00e9gler la hauteur du fauteuil, pr\u00e9parer les outils dans le m\u00eame ordre, v\u00e9rifier l\u2019espace autour du poste, rel\u00e2cher les \u00e9paules, respirer une fois avant d\u2019attaquer. Ces gestes sont petits, mais ils installent une autre qualit\u00e9 de pr\u00e9sence. Le corps comprend qu\u2019il va travailler dans un cadre plus stable.<\/p>\n<p>Il faut aussi penser \u00e0 la fatigue physique du m\u00e9tier de coiffeuse. Les micro-pauses ne servent pas seulement \u00e0 \u201cse reposer\u201d ; elles limitent l\u2019usure des \u00e9paules, du dos, des mains et de la nuque. Une pause de r\u00e9cup\u00e9ration au milieu de matin\u00e9e, un changement de posture avant la coloration, puis un rel\u00e2chement en fin de journ\u00e9e peuvent pr\u00e9venir bien des douleurs. Sans marge, on s\u2019installe vite dans une fatigue chronique qui grignote le plaisir et peut mener \u00e0 l\u2019\u00e9puisement.<\/p>\n<p>Exemple de rituel de travail au salon : &#8211; d\u00e9but de journ\u00e9e : r\u00e9gler le poste, respirer, v\u00e9rifier les outils, choisir l\u2019ordre des services ; &#8211; milieu de journ\u00e9e : boire, ouvrir la cage thoracique, desserrer les \u00e9paules, marcher une minute ; &#8211; fin de journ\u00e9e : nettoyer, ranger, faire un point rapide sur ce qui a bien fonctionn\u00e9 et ce qui a co\u00fbt\u00e9 le plus d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>Ces rituels prot\u00e8gent aussi la t\u00eate. Quand la journ\u00e9e est dense ou qu\u2019une relation s\u2019est tendue, ils servent de sas. Ils \u00e9vitent de repartir au service suivant avec l\u2019agacement coll\u00e9 au corps. Le rituel de fin est particuli\u00e8rement utile : essuyer les ciseaux, ranger les produits, remettre le poste au propre, regarder le r\u00e9sultat dans le miroir, puis nommer mentalement ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9ussi. M\u00eame discret, ce geste r\u00e9installe une forme de satisfaction.<\/p>\n<h3>Transformer chaque service en terrain de pr\u00e9cision, de dialogue et de fiert\u00e9<\/h3>\n<p>Le vrai changement arrive quand chaque service redevient un terrain de pr\u00e9cision, de dialogue et de fiert\u00e9. La pr\u00e9cision donne une forme juste. Le dialogue donne du sens. La fiert\u00e9 donne envie de continuer. Ensemble, ces trois leviers remettent la passion au centre du m\u00e9tier de coiffeuse.<\/p>\n<p>Vous pouvez vous appuyer sur un fil conducteur tr\u00e8s simple : observer, \u00e9couter, ajuster. Observer la t\u00eate, la mati\u00e8re, la posture. \u00c9couter la demande r\u00e9elle, pas seulement la phrase prononc\u00e9e. Ajuster le geste, la coupe ou le tempo. Cette s\u00e9quence tient dans presque tous les salons. Elle \u00e9vite de travailler en pilote automatique.<\/p>\n<p>Gardez en t\u00eate trois gestes \u00e0 tester d\u00e8s demain : &#8211; ralentir les trente premi\u00e8res secondes du service ; &#8211; observer un signe concret sur la t\u00eate ou le cheveu avant de couper ; &#8211; fermer chaque prestation par un mini-rituel de rangement et de regard sur le r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>Quand une coiffeuse retrouve cette mani\u00e8re de travailler, elle ne subit plus sa journ\u00e9e. Elle la reprend en main. La fatigue reste r\u00e9elle, bien s\u00fbr. Le m\u00e9tier demande toujours du corps. Mais il cesse d\u2019\u00eatre une suite de gestes vides. Il redevient un travail pr\u00e9cis, habit\u00e9, habitable. Et c\u2019est souvent \u00e0 ce moment-l\u00e0 que la passion revient par la porte la plus simple : celle du prochain service.<\/p>\n<p>Si, malgr\u00e9 ces ajustements, l\u2019envie ne revient que lorsque le planning s\u2019all\u00e8ge ou que l\u2019\u00e9quipe change, le probl\u00e8me est peut-\u00eatre surtout organisationnel. Si la lassitude reste forte m\u00eame apr\u00e8s avoir all\u00e9g\u00e9 le rythme, pos\u00e9 des rituels et repris de la marge, il faut alors regarder plus loin : changer de salon, demander un autre poste, r\u00e9duire le nombre de services techniques, ou envisager de changer de travail de coiffeuse. Ce n\u2019est pas un aveu d\u2019\u00e9chec. C\u2019est parfois une d\u00e9cision saine.<\/p>\n<h2>Pour aller plus loin<\/h2>\n<p>Vous avez tout \u00e0 gagner \u00e0 redonner du regard, du rythme juste et de l\u2019\u00e9coute \u00e0 chaque coupe. Quand le geste retrouve de la pr\u00e9cision, quand l\u2019organisation all\u00e8ge la journ\u00e9e et que les rituels prot\u00e8gent le corps, la fatigue recule et le plaisir revient avec une \u00e9vidence presque surprenante.<\/p>\n<p>La passion du m\u00e9tier rena\u00eet d\u00e8s que vous reprenez la main sur votre mani\u00e8re de travailler : observer davantage, ajuster avec finesse, respirer entre deux services et remettre du sens dans chaque t\u00eate coiff\u00e9e.<\/p>\n<p>D\u00e8s votre prochain rendez-vous, ralentissez les premi\u00e8res secondes, lisez la mati\u00e8re avec attention, puis choisissez l\u2019intention du service avant d\u2019ouvrir les ciseaux. Ce simple r\u00e9flexe peut changer votre journ\u00e9e et, peu \u00e0 peu, votre rapport au m\u00e9tier.<\/p>\n<p>Vous n\u2019\u00eates pas l\u00e0 pour r\u00e9p\u00e9ter des coupes \u00e0 la cha\u00eene, vous \u00eates l\u00e0 pour transformer chaque passage au fauteuil en geste vivant, utile et fier \u2014 et cette diff\u00e9rence, elle se voit, elle se sent, et elle marque durablement les esprits.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 force d\u2019encha\u00eener les coupes m\u00e9caniques, beaucoup de coiffeuses sentent leur geste se vider de sa saveur, alors qu\u2019il suffit parfois d\u2019un regard plus pr\u00e9cis pour rallumer l\u2019envie. Je vois souvent les m\u00eames questions revenir : comment retrouver la passion du m\u00e9tier quand le salon tourne \u00e0 toute vitesse ? 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