{"id":840,"date":"2026-05-31T07:52:43","date_gmt":"2026-05-31T05:52:43","guid":{"rendered":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/?p=840"},"modified":"2026-05-31T07:52:43","modified_gmt":"2026-05-31T05:52:43","slug":"pompier-la-vie-sauvee-hier-soir-qui-merite-detre-vraiment-celebree-et-pourquoi-vous-lautoriser","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/pompier-la-vie-sauvee-hier-soir-qui-merite-detre-vraiment-celebree-et-pourquoi-vous-lautoriser\/","title":{"rendered":"Pompier : la vie sauv\u00e9e hier soir qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre vraiment c\u00e9l\u00e9br\u00e9e, et pourquoi vous l&rsquo;autoriser"},"content":{"rendered":"<p>Hier soir, une intervention a bascul\u00e9 en quelques secondes, et ce genre de moment m\u00e9rite bien plus qu\u2019un simple \u201cbon travail\u201d lanc\u00e9 au passage.<\/p>\n<p>Je vous propose de regarder ce qui se joue vraiment quand une <strong>vie sauv\u00e9e par un pompier<\/strong> sort du cadre habituel : comment la reconna\u00eetre \u00e0 sa juste valeur, comment en parler avec tact, et comment laisser l\u2019\u00e9quipe souffler apr\u00e8s le choc de l\u2019adr\u00e9naline.<\/p>\n<p>Vous allez d\u00e9couvrir pourquoi la <strong>reconnaissance des pompiers<\/strong> m\u00e9rite une forme plus juste, comment distinguer la performance du v\u00e9cu, et comment un <strong>d\u00e9brief pompier apr\u00e8s intervention<\/strong> peut enfin servir aussi la t\u00eate, le corps et le collectif.<\/p>\n<p>Avant d\u2019entrer dans le vif du sujet, je vous propose de vous poser les vraies questions que beaucoup se font apr\u00e8s une garde intense : elles donnent tout de suite le ton.<\/p>\n<h2>La garde, l\u2019alerte et le r\u00e9flexe de survie : pourquoi une vie sauv\u00e9e compte autrement qu\u2019un simple \u201cbon d\u00e9brief\u201d<\/h2>\n<p>Deux minutes avant, la garde tenait encore dans le calme. Puis la sonnerie a coup\u00e9 la nuit, les portes ont claqu\u00e9, le fourgon a pris la route, et tout s\u2019est jou\u00e9 vite : une arriv\u00e9e tendue, un geste pos\u00e9, une reprise de souffle, puis ce silence bref qui suit les interventions o\u00f9 l\u2019issue bascule. Quand une <strong>vie sauv\u00e9e pompier<\/strong> se dessine, il ne s\u2019agit pas d\u2019un \u201cbon d\u00e9brief\u201d comme les autres. Le d\u00e9brief pompier apr\u00e8s intervention est n\u00e9cessaire, mais il reste insuffisant s\u2019il ne laisse pas de place au v\u00e9cu, au corps, et au retour en caserne.<\/p>\n<p>Chez les pompiers, la garde pr\u00e9pare \u00e0 cette bascule. On reste disponible, on surveille, on attend le prochain appel. L\u2019alerte casse ce tempo et impose un r\u00e9flexe de survie tr\u00e8s particulier : lire, d\u00e9cider, agir, tenir. \u00c0 cela s\u2019ajoutent la mont\u00e9e d\u2019adr\u00e9naline, puis la difficult\u00e9 \u00e0 redescendre. C\u2019est l\u00e0 que commence la gestion du stress apr\u00e8s intervention pompier : pas seulement dans l\u2019action, mais dans ce qui suit. Ce que l\u2019on vit apr\u00e8s l\u2019intervention compte autant que l\u2019intervention elle-m\u00eame.<\/p>\n<p>Quand la victime s\u2019en sort, le rapport final dit peu de ce qui vient de se jouer. Il y a pourtant bien plus qu\u2019une mission r\u00e9ussie : une \u00e9quipe mobilis\u00e9e, une tension partag\u00e9e, une fiert\u00e9 discr\u00e8te, et parfois une secousse int\u00e9rieure qu\u2019on ne voit pas tout de suite. C\u2019est pour cela qu\u2019une vie sauv\u00e9e m\u00e9rite une reconnaissance \u00e0 part.<\/p>\n<h2>Ce que la hi\u00e9rarchie valorise souvent, et pourquoi cela laisse de c\u00f4t\u00e9 l\u2019essentiel chez les pompiers<\/h2>\n<p>Dans beaucoup d\u2019unit\u00e9s, la reconnaissance prend une forme tr\u00e8s institutionnelle : rapport propre, proc\u00e9dure respect\u00e9e, mat\u00e9riel rang\u00e9, temps de retour tenu. C\u2019est utile, et m\u00eame n\u00e9cessaire. Mais cela ne suffit pas. La hi\u00e9rarchie valorise souvent ce qui se voit facilement : le nombre d\u2019interventions, la rapidit\u00e9 d\u2019ex\u00e9cution, la bonne tenue du v\u00e9hicule, la discipline au d\u00e9part. Tout cela compte. Pourtant, le plus important reste souvent hors champ.<\/p>\n<p>Premier oubli fr\u00e9quent : la f\u00e9licitation expresse qui s\u2019arr\u00eate au r\u00e9sultat. \u201cBravo, belle inter.\u201d Point final. C\u2019est rapide, flatteur, mais trop court. Cela dit ce qui a \u00e9t\u00e9 fait, pas ce que cela a co\u00fbt\u00e9.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me forme de reconnaissance insuffisante : le tableau de chiffres ou le message collectif qui ne retient que la performance. Une vie sauv\u00e9e devient une ligne de plus, comme si l\u2019essentiel \u00e9tait d\u2019afficher une r\u00e9ussite et de passer \u00e0 autre chose. Le geste technique est vu, pas la charge mentale qui l\u2019accompagne.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me oubli, plus discret : on ne parle ni du v\u00e9cu ni du retour \u00e0 soi. L\u2019\u00e9quipe a bien travaill\u00e9, donc tout va bien. Or un sauvetage r\u00e9ussi peut laisser un corps tendu, une t\u00eate encore dans la sc\u00e8ne, et une fatigue qui sort plus tard.<\/p>\n<p>Il faut aussi distinguer <strong>validation administrative<\/strong> et <strong>reconnaissance v\u00e9cue<\/strong>. La premi\u00e8re atteste que la mission a \u00e9t\u00e9 correctement men\u00e9e. La seconde dit \u00e0 la personne et \u00e0 l\u2019\u00e9quipe : \u201cCe que vous avez port\u00e9 a compt\u00e9.\u201d Cette diff\u00e9rence change beaucoup de choses pour la confiance en soi au travail, surtout quand le service encha\u00eene les gardes et que la pression hi\u00e9rarchique est forte.<\/p>\n<p>Exemple concret : un chef de centre envoie un message laconique, \u201cintervention conforme, merci\u201d. C\u2019est juste, mais froid. \u00c0 l\u2019inverse, un compliment trop rapide du type \u201cvous avez assur\u00e9, comme d\u2019habitude\u201d peut aussi frustrer, parce qu\u2019il gomme le stress r\u00e9el et laisse entendre que la difficult\u00e9 n\u2019a pas d\u2019importance. Reconna\u00eetre le travail des pompiers, c\u2019est nommer \u00e0 la fois la qualit\u00e9 du geste et l\u2019effort humain. Sinon, les tensions s\u2019installent et la gestion des relations difficiles au travail devient plus lourde, parce que chacun a l\u2019impression de donner beaucoup sans \u00eatre vraiment vu.<\/p>\n<h2>Reconna\u00eetre la port\u00e9e r\u00e9elle d\u2019un sauvetage : l\u2019\u00e9quipe, la victime, le corps et la t\u00eate au retour \u00e0 la caserne<\/h2>\n<p>La port\u00e9e r\u00e9elle d\u2019un sauvetage se lit en quatre temps.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9quipe.<\/strong> Personne ne sauve seul. Celui ou celle qui masse, celui ou celle qui d\u00e9fibrille, celui ou celle qui surveille, celui ou celle qui coordonne avec la r\u00e9gulation : chacun tient une place. Le signe observable, c\u2019est la fluidit\u00e9. Les gestes s\u2019encha\u00eenent sans bruit inutile. La cons\u00e9quence pratique, c\u2019est une coh\u00e9sion renforc\u00e9e. Dire \u00e0 l\u2019\u00e9quipe enti\u00e8re ce qu\u2019elle a tenu ensemble vaut mieux qu\u2019un compliment isol\u00e9 au \u201cmeilleur\u201d intervenant.<\/p>\n<p><strong>La victime.<\/strong> Sauver une vie, ce n\u2019est pas seulement r\u00e9tablir un pouls. C\u2019est rendre du temps, parfois des ann\u00e9es, parfois un retour \u00e0 la famille. Le signe observable, c\u2019est l\u2019\u00e9motion tr\u00e8s particuli\u00e8re qui suit quand la sc\u00e8ne change de sens : l\u2019urgence s\u2019apaise, mais le sens, lui, monte d\u2019un coup. La cons\u00e9quence pratique, c\u2019est qu\u2019il faut prendre ce moment au s\u00e9rieux. Pas pour le dramatiser, mais pour ne pas le r\u00e9duire \u00e0 un simple succ\u00e8s technique.<\/p>\n<p><strong>Le corps.<\/strong> Apr\u00e8s une intervention engag\u00e9e, le syst\u00e8me nerveux ne s\u2019\u00e9teint pas d\u2019un coup. Le c\u0153ur reste rapide, les \u00e9paules sont dures, les mains tremblent parfois un peu, le sommeil n\u2019arrive pas tout de suite. Le signe observable, c\u2019est un retour de garde o\u00f9 l\u2019on parle trop vite, o\u00f9 l\u2019on plaisante plus fort que d\u2019habitude, o\u00f9 l\u2019on boit sans vraiment se poser. La cons\u00e9quence pratique, c\u2019est simple : il faut pr\u00e9voir un vrai sas de retour. Pas seulement ranger le mat\u00e9riel, mais faire redescendre la tension.<\/p>\n<p><strong>La t\u00eate.<\/strong> Elle rejoue la sc\u00e8ne, s\u00e9lectionne un d\u00e9tail, revient sur une image. Parfois elle minimise : \u201c\u00c7a va, c\u2019est le m\u00e9tier.\u201d Parfois elle bloque : plus d\u2019envie de parler, plus d\u2019app\u00e9tit, sommeil hach\u00e9, irritabilit\u00e9, difficult\u00e9 \u00e0 d\u00e9crocher. Le signe observable, c\u2019est l\u2019\u00e9cart entre le discours et l\u2019\u00e9tat r\u00e9el. La cons\u00e9quence pratique, c\u2019est de rep\u00e9rer t\u00f4t ce qui d\u00e9borde, avant que cela s\u2019installe.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une intervention lourde, certains signes doivent alerter : ruminations, hypervigilance, difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019endormir, r\u00e9veils nocturnes, irritabilit\u00e9, envie de rester seul, ou au contraire besoin irr\u00e9pressible de parler. Parfois, la personne passe du mutisme \u00e0 l\u2019agitation, ou l\u2019inverse. Ce ne sont pas des faiblesses ; ce sont des signaux de stress aigu et de fatigue \u00e9motionnelle. Les rep\u00e9rer t\u00f4t aide \u00e0 pr\u00e9venir l\u2019usure psychique chez les pompiers.<\/p>\n<p>Un exemple de sas de retour en caserne : on pose le mat\u00e9riel, on boit un verre d\u2019eau, on s\u2019assoit cinq minutes sans t\u00e9l\u00e9phone, puis le chef de garde lance un tour de table court. Une question suffit : \u201cQu\u2019est-ce qui reste en t\u00eate ?\u201d Si quelqu\u2019un n\u2019a pas envie de parler, on respecte le silence, mais on reste pr\u00e9sent. Ce sas ne remplace pas un suivi si besoin, mais il \u00e9vite de rentrer chez soi avec la sc\u00e8ne encore coll\u00e9e au corps.<\/p>\n<p>Il faut aussi penser \u00e0 l\u2019organisation semaine travail. Une garde tr\u00e8s intense ne demande pas seulement du repos \u201cquand on peut\u201d : elle peut n\u00e9cessiter d\u2019all\u00e9ger le rythme, de mieux r\u00e9partir les r\u00e9cup\u00e9rations, voire de d\u00e9caler certaines t\u00e2ches non urgentes. Cette souplesse est un vrai outil de gestion du stress apr\u00e8s intervention pompier.<\/p>\n<h2>Pourquoi il faut autoriser la fiert\u00e9 sans verser dans l\u2019h\u00e9ro\u00efsation ni dans le silence<\/h2>\n<p>Les pompiers supportent mal qu\u2019on les couvre de grands mots. Ils savent trop bien ce qu\u2019un geste doit \u00e0 la pr\u00e9paration, au collectif, \u00e0 l\u2019entra\u00eenement, et aussi \u00e0 la part de chance qu\u2019on ne contr\u00f4le pas. L\u2019h\u00e9ro\u00efsation \u00e9crase le r\u00e9el. Elle isole celui ou celle qu\u2019on met sur un pi\u00e9destal, elle efface l\u2019\u00e9quipe, et elle finit par rendre les interventions moins vraies qu\u2019elles ne l\u2019\u00e9taient.<\/p>\n<p>Mais l\u2019exc\u00e8s inverse fait autant de mal : le silence. Celui qui dit \u201con ne s\u2019attarde pas\u201d, \u201con passe \u00e0 la suite\u201d, \u201cce n\u2019est pas le moment d\u2019en faire un sujet\u201d. Ce silence-l\u00e0 coupe la parole au moment o\u00f9 elle servirait le plus. Il emp\u00eache de d\u00e9poser ce qui a marqu\u00e9. Il laisse chacun seul avec sa version de la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Autoriser la fiert\u00e9, c\u2019est tenir une ligne sobre.<\/p>\n<p>Pas : \u201cOn est des h\u00e9ros.\u201d Mais : \u201cOn a fait notre travail, et il a compt\u00e9.\u201d<\/p>\n<p>Pas : \u201cC\u2019\u00e9tait incroyable.\u201d Mais : \u201cOn a \u00e9t\u00e9 justes, ensemble, au bon moment.\u201d<\/p>\n<p>Pas : \u201cOn oublie et on repart.\u201d Mais : \u201cOn prend dix minutes pour nommer ce qui a tenu et ce qui nous a touch\u00e9s.\u201d<\/p>\n<p>Pour un chef de garde, cela peut se dire tr\u00e8s simplement au retour :<\/p>\n<ul>\n<li>\u201cLa prise en charge \u00e9tait propre, bravo \u00e0 l\u2019\u00e9quipe.\u201d<\/li>\n<li>\u201cCe qui s\u2019est pass\u00e9 a compt\u00e9, on prend un moment pour en parler.\u201d<\/li>\n<li>\u201cSi quelque chose vous reste en t\u00eate, on le dit maintenant, pas dans trois jours.\u201d<\/li>\n<\/ul>\n<p>La fiert\u00e9 mesur\u00e9e est aussi un levier de <strong>confiance en soi au travail<\/strong>. Elle rappelle qu\u2019une \u00e9quipe peut \u00eatre efficace sans \u00eatre parfaite. Reconna\u00eetre une r\u00e9ussite ne nie ni les doutes ni la fatigue ; au contraire, cela aide \u00e0 les supporter sans se fissurer. Et dans une caserne, cette reconnaissance apais\u00e9e r\u00e9duit souvent les tensions entre coll\u00e8gues : on ne cherche plus \u00e0 prouver, on cherche \u00e0 tenir ensemble. Un chef de garde peut le dire simplement : \u201cOn n\u2019a pas tout ma\u00eetris\u00e9, mais on a fait ce qu\u2019il fallait, et chacun a tenu son r\u00f4le.\u201d<\/p>\n<h2>Ce que chacun peut faire d\u00e8s la prochaine garde pour c\u00e9l\u00e9brer juste, parler vrai et tenir dans la dur\u00e9e<\/h2>\n<p>La bonne \u00e9chelle, c\u2019est celle du terrain. Pas besoin d\u2019un grand dispositif. Il faut des gestes simples, r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, tenables.<\/p>\n<p><strong>Dans les dix minutes apr\u00e8s l\u2019intervention<\/strong> &#8211; Faire redescendre le rythme : boire, respirer, s\u2019asseoir si possible. &#8211; Ranger le mat\u00e9riel sans pr\u00e9cipitation. &#8211; \u00c9viter le \u201cbon, on oublie\u201d lanc\u00e9 trop vite.<\/p>\n<p><strong>Au retour \u00e0 la caserne<\/strong> &#8211; Poser trois questions courtes : 1. Qu\u2019est-ce qui a bien tenu ? 2. Qu\u2019est-ce qui a \u00e9t\u00e9 le plus difficile ? 3. Qui a besoin de souffler un peu plus longtemps ? &#8211; Laisser parler sans interrompre pour \u201ccorriger\u201d le r\u00e9cit. &#8211; Nommer la r\u00e9ussite sans la surjouer : \u201cOn a sauv\u00e9 quelqu\u2019un\u201d, \u201cOn a fait bloc\u201d, \u201cOn a tenu la ligne.\u201d<\/p>\n<p><strong>Le lendemain de garde : mini-checklist<\/strong> 1. Dormir autant que possible, sans culpabiliser. 2. Boire et manger correctement. 3. Prendre un vrai \u00e9change avec un pair de confiance. 4. Rep\u00e9rer les sympt\u00f4mes qui persistent : sommeil, irritabilit\u00e9, images qui reviennent, isolement. 5. Demander un relais si la fatigue ou l\u2019angoisse ne retombent pas.<\/p>\n<p><strong>Si un coll\u00e8gue semble d\u00e9crocher<\/strong> &#8211; Surveiller les signes concrets : sommeil cass\u00e9, agitation, silence inhabituel, irritabilit\u00e9, r\u00e9p\u00e9tition des images, besoin de boire ou de bouger sans cesse. &#8211; Aller vers lui plut\u00f4t que d\u2019attendre qu\u2019il demande. &#8211; Dire simplement : \u201cJe t\u2019ai trouv\u00e9 tendu depuis l\u2019intervention. Tu veux qu\u2019on en parle ?\u201d<\/p>\n<p><strong>Si la charge persiste<\/strong> &#8211; Orienter sans dramatiser vers un relais adapt\u00e9. &#8211; Pour une souffrance suicidaire : 3114. &#8211; Pour le soutien psychologique des professionnel.le.s du secours : SPS. &#8211; Selon l\u2019organisation locale : r\u00e9seau de soutien de la S\u00e9curit\u00e9 civile, m\u00e9decin du service, encadrant r\u00e9f\u00e9rent.<\/p>\n<p>Et si cela devient trop lourd, il faut le dire clairement : demander de l\u2019aide n\u2019est pas un \u00e9chec. Quand l\u2019usure psychique devient chronique, quand la garde ab\u00eeme plus qu\u2019elle ne construit, il peut aussi \u00eatre l\u00e9gitime de se poser une vraie question de parcours, y compris celle de changer de travail. Ce n\u2019est pas renier son engagement ; c\u2019est prot\u00e9ger sa sant\u00e9 et sa vie.<\/p>\n<p>Le plus important, c\u2019est le ton. La phrase juste vaut mieux qu\u2019un long discours. Quelques exemples utiles en caserne :<\/p>\n<ul>\n<li>\u201cTu n\u2019as pas \u00e0 porter \u00e7a seul.\u201d<\/li>\n<li>\u201cCe que tu ressens est recevable.\u201d<\/li>\n<li>\u201cOn a bien travaill\u00e9, et on peut aussi dire que c\u2019\u00e9tait lourd.\u201d<\/li>\n<li>\u201cOn en reparle demain si besoin.\u201d<\/li>\n<\/ul>\n<p>Et voici les erreurs \u00e0 \u00e9viter : &#8211; minimiser trop t\u00f4t : \u201c\u00c7a va passer.\u201d &#8211; glorifier \u00e0 outrance : \u201cVous \u00eates des machines.\u201d &#8211; imposer le silence : \u201cOn tourne la page.\u201d &#8211; confondre solidit\u00e9 et absence d\u2019\u00e9motion.<\/p>\n<p>C\u00e9l\u00e9brer juste, c\u2019est tenir ensemble trois choses : la comp\u00e9tence, le collectif et l\u2019\u00e9tat r\u00e9el des personnes au retour. C\u2019est ce qui permet de durer sans se durcir. Dans ce m\u00e9tier, une vie sauv\u00e9e m\u00e9rite mieux qu\u2019un rapport bien r\u00e9dig\u00e9. Elle m\u00e9rite une \u00e9quipe reconnue, une parole sobre et un retour de garde qui aide vraiment \u00e0 continuer.<\/p>\n<h2>Pour aller plus loin<\/h2>\n<p>Quand une vie est sauv\u00e9e apr\u00e8s une intervention de pompier, la vraie valeur du moment d\u00e9passe largement le rapport ou le mot rapide au retour de garde. Ce que l\u2019article rappelle, c\u2019est l\u2019importance de reconna\u00eetre l\u2019\u00e9quipe, de laisser une place au v\u00e9cu, de faire redescendre la tension et de donner \u00e0 la fiert\u00e9 une forme sobre, juste et humaine.<\/p>\n<p>La reconnaissance la plus forte tient dans un \u00e9quilibre simple : saluer la comp\u00e9tence, honorer le collectif et accueillir ce que l\u2019intervention a laiss\u00e9 dans les corps et dans les t\u00eates. C\u2019est cette justesse qui soutient la confiance, apaise les tensions et permet de tenir dans la dur\u00e9e.<\/p>\n<p>Au retour de la prochaine intervention marquante, prenez un vrai temps de parole, nommez ce qui a tenu, observez ce qui p\u00e8se encore et offrez \u00e0 l\u2019\u00e9quipe une reconnaissance claire, concr\u00e8te et chaleureuse.<\/p>\n<p>Une vie sauv\u00e9e m\u00e9rite une c\u00e9l\u00e9bration \u00e0 sa hauteur : sobre, sinc\u00e8re et profond\u00e9ment humaine, comme un grand merci qui redonne de la force \u00e0 toute la caserne.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hier soir, une intervention a bascul\u00e9 en quelques secondes, et ce genre de moment m\u00e9rite bien plus qu\u2019un simple \u201cbon travail\u201d lanc\u00e9 au passage. Je vous propose de regarder ce qui se joue vraiment quand une vie sauv\u00e9e par un pompier sort du cadre habituel : comment la reconna\u00eetre \u00e0 sa juste valeur, comment en &#8230; <a href=\"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/pompier-la-vie-sauvee-hier-soir-qui-merite-detre-vraiment-celebree-et-pourquoi-vous-lautoriser\/\" title=\"Pompier : la vie sauv\u00e9e hier soir qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre vraiment c\u00e9l\u00e9br\u00e9e, et pourquoi vous l&rsquo;autoriser\" class=\"read-more\"  aria-label=\"En savoir plus sur Pompier : la vie sauv\u00e9e hier soir qui m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre vraiment c\u00e9l\u00e9br\u00e9e, et pourquoi vous l&rsquo;autoriser\">Lire la suite<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":17,"featured_media":1371,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[25],"tags":[],"class_list":["post-840","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-metier-pompier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/840","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/17"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=840"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/840\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1370,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/840\/revisions\/1370"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1371"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=840"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=840"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/tranquillezenauboulot.fr\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=840"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}